Sarah Prévot (It’s my car) : « Le réseau des anciens demeure très important pour moi, quand je suis sollicitée ou que je sollicite les anciens, il y a toujours de l’entre-aide ! »

Jul 28, 2017

Faire de sa voiture un panneau publicitaire. C’est ce que propose Sarah Prévot (Programme Grande Ecole 2014) à travers sa startup «It’s my car ». Cette plateforme facilite la mise en relations entre entreprises et les conducteurs qui accepent de coller des stickers publicitaires sur leur automobile.

Comment est née « It’s my car » ?

C’est un peu le fruit du hasard. Alors que je faisais du porte-à-porte pour financer une association, un coiffeur me voyant arriver en voiture m’a proposé de me payer si, en échange, je collais des stickers de son salon dessus… L’idée a germé et finalement, en 2014, je décide de rédiger mon mémoire de fin d’études sur ce projet d’entreprise.

Comment fonctionne la startup ?

Les propriétaires d’un véhicule s’inscrivent en ligne, décrivent leur voiture et ensuite ils choisissent l’entreprise pour laquelle ils feront de la publicité en fonction des gratifications proposés : cadeaux, bons d’achat, rémunération, etc… De notre côté, nous assurons aux entreprises que leur campagne sera bien visible : soit sur une place de stationnement où la voiture reste garée, soit pour des trajets précis effectués par le conducteur. Aujourd’hui, nous avons une base de 5 000 voitures qualifiées.

Quelles sont les entreprises avec qui vous travaillez ?

On a réalisé des campagnes pour « Claque des doigts », une startup parisienne, mais aussi « Allo Resto » ainsi que des radios et de nombreux annonceurs. Actuellement, nous exerçons essentiellement dans les grandes villes mais nous visons à moyen terme un maillage beaucoup plus important en France, y compris dans les petits villages.

C’est un modèle duplicable sur différents supports…

Nous allons déjà poursuivre notre développement, notamment en cherchant des annonceurs pour des campagnes nationales, mais il n’est pas impossible que « It’s my car » se diversifie, sur des vélos par exemple. Nous envisageons également d’autres leviers de croissance, comme une régie publicitaire…

Qu’est-ce qui t’a donné envie d’entreprendre ?

J’ai un peu ça dans le sang :) Ma mère est chef d’entreprise et mon père dirige une société. J’ai très vite eu envie de créer ma propre structure.

Comment définirais-tu l’âme d’entrepreneur ?

Il faut être créatif, dynamique, débrouillard mais aussi prêt à se lancer dans un marathon. C’est une aventure qui demande pas mal d’endurance !

Et l’esprit « early maker » ?

Fonceur, audacieux, prêt à se lancer même lorsqu’il peut douter de la maturité de son projet.

Quelles difficultés as-tu rencontré en lançant ta startup ?

Elles sont nombreuses…. Pour avoir grandi pendant 16 années à l’étranger, j’ai été tout de même très frappée par la frilosité des entreprises françaises à s’engager auprès d’une jeune société. J’ai l’impression qu’en France on ne donne pas encore suffisamment sa chance aux startups.

La France semble pourtant évoluer…

C’est vrai que tout le monde veut désormais être CEO de sa startup. La génération actuelle fait bouger les lignes, elle ne veut plus se reposer ses lauriers mais apporter sa pierre à l’édifice. Il y a un désir de construire et d’apporter quelque chose à la société.

Ton passage à emlyon business school t’a aidée pour te lancer ?

Enormément ! L’école m’a donnée le bon état d’esprit pour cela. On est incités à se lancer même si on a peur ou que l’on ne se sent pas prêt. C’est très positif. J’ai aussi développé l’esprit d’équipe, ce qui est très important quand on crée son entreprise.

Comment cela se traduit-il ?

J’essaie de développer la culture d’entreprise « It’s my car » en faisant confiance aux 9 collaborateurs, en les laissant autonomes et en faisant preuve de bienveillance au quotidien. Nous avons également mis en place un système avec 3 valeurs de base et 3 valeurs temporaires. Les premières sont : conscience, partage et ambition. Les 3 autres sont aujourd’hui : vitesse, rigueur et prise d’initiative. Elles sont naturellement amenées à évoluer.

Un conseil reçu à emlyon business school que tu gardes en tête ?

Si tu sens que c’est le bon moment, lance-toi, demain il sera probablement trop tard. Il ne faut pas hésiter si ton instinct te dicte d’y aller.

Un entrepreneur à suivre ?

Jean-Baptiste Rudelle, fondateur de Criteo. Je vais bientôt lire son livre où il explique qu’il n’y a jamais d’impasse, qu’on peut toujours aller outre les difficultés. Pour lui, dès lors qu’on se raccroche à une vision, il est possible de franchir les murs.

Tes liens avec l’école ?

Je suis vice-présidente du Club digital et le réseau des anciens demeure très important pour moi. Par exemple, parmi les 3 personnes de mon board, 2 sont passées par l’école. Et puis quand je suis sollicitée ou que je sollicite les anciens, il y a toujours de l’entre-aide !

Sarah Prévot (It’s My Car): “The alumni network is very important to me, and it works both ways: we always help each other out!”

Making a billboard out of your car. This is what Sarah Prévot offers (MSc in Management, Grande Ecole 2014) through her start-up, “It’s My Car”. This platform facilitates contact between companies and drivers willing to stick advertisements on their cars.

Where did you get the idea for “It’s My Car”?

It was something of a coincidence. While I was going door-to-door to raise funding for an association, a hairdresser who saw me pull up in my car said she would pay me to put stickers about her hair salon on my car. The idea grew and finally, in 2014, I decided to write my dissertation on this business plan.

How does the start-up work?

The owners of a vehicle sign up online, describe their car and choose the company for which they are willing to advertise, depending on what’s offered in return: gifts, coupons, pay, etc. As for us, we make sure that the companies’ campaigns are visible: either at a parking space where the car stays parked, or on specific trips that the driver takes. We now have a base of 5,000 qualified cars.

Which companies do you work with?

We have done campaigns for “Claque des Doigts”, a Parisian start-up, as well as “Allo Resto”, radio stations and many advertisers. Currently, we mainly work in the major cities, but in the medium term, we are aiming to network much more widely across France, including in small villages.

This is a model that can be replicated in a variety of media...

We are currently pursuing our development, specifically by looking for advertisers for national campaigns, but “It’s My Car” could also diversify, on bikes, for example. We are also considering other growth levers, such as an advertising agency, etc.

What made you want to be an entrepreneur?

I sort of have it in my blood :) My mother is a business leader and my father runs a company. I wanted to set up my business very early on.

How would you define the soul of an entrepreneur?

You have to be creative, dynamic and resourceful, but you also have to be ready to run a marathon. It’s an adventure that requires quite a bit of stamina!

And what about the “early maker” spirit?

A go-getter, audacious, ready to go for it even when you might have doubts about the maturity of your project.

What difficulties did you encounter when you were launching your start-up?

There were many... I grew up abroad for 16 years, so I have been quite struck by how reluctant French businesses are to work with new companies. I have the impression that in France, not enough is done to give opportunities to start-ups.

But it seems as if France is changing...

It’s true that now everyone wants to be the CEO of their own start-up. Today's generation is pushing the boundaries. It doesn’t want to rest on its laurels. Instead, it wants to do its own thing. There’s a desire to build and contribute something to society.

Did your time at emlyon business school help you get started?

Yes, in a big way! The school gave me the right mindset for it. We were encouraged to get started, even if we didn’t feel quite ready. It’s a very positive attitude. I have also developed team spirit, which is very important when you want to start your own company.

What does this mean for you?

I try to develop the corporate culture of “It’s My Car” by trusting the 9 employees, giving them autonomy and showing goodwill every day. We have also set up a system with 3 basic values and 3 temporary values. The first are: conscience, sharing and ambition. The other 3 are: speed, discipline and initiative. Naturally, these will change.

What advice did you get while you were at emlyon business school, that you have kept in mind?

If you feel like it's the right time, just do it; tomorrow will probably be too late. Don’t hesitate if your gut tells you to go for it.

An entrepreneur to follow?

Jean-Baptiste Rudelle, founder of Criteo. I’m about to read his book, where he explains that there is no such thing as a dead end; you can always overcome difficulties. For him, as long as you have a vision, you can break down any barrier.

What links have you kept with the school?

I am vice-president of the Digital Club, and the alumni network is very important to me. For example, 2 of the 3 people on my board are alumni. And the alumni network works both ways: we always help each other out!


Other news

Cookies help us deliver our services. By using our services, you agree to our use of cookies.