Anne Chérel (StudioCanal) : « Certains jours je suis comme une enfant, émerveillée. C’est une vraie chance de travailler dans le milieu cinématographique… »

Aug 30, 2017

Entrée comme stagiaire chez StudioCanal en 2007, Anne Chérel (Programme Grande Ecole 2009), a été récemment promue directrice des ventes internationales des films frais de la filiale du groupe Canal +.

En quoi consistent tes missions au sein de Canal + ?

SC est une société de production et de distribution de films. Nous les finançons et les distribuons via nos filiales en France, Angleterre, Allemagne et Australie et via la vente à des distributeurs dans le reste du monde. Dans le jargon, on parle de films frais en opposition aux films de catalogue, qui sont des films anciens.

Qu’est-ce qui t’attirait dans ce secteur d’activité ?

C’est un métier à la fois très concret et créatif. Je lis des scénarios toutes les semaines et mes problématiques sont de savoir quel potentiel peut avoir un film d’auteur en Asie par exemple, ou de savoir si Vincent Cassel sera disponible pour jouer dans un film… Certains jours je suis comme une enfant, émerveillée. C’est une vraie chance de travailler avec des distributeurs et donc des cultures du monde entier, de se déplacer sur des évènements prestigieux comme le marché du film à Cannes.

Ton parcours à emlyon business school t’a aidée dans ta carrière ?

Le groupe Canal reste attaché aux diplômes, donc oui très clairement mon cursus à emlyon a été un plus pour décrocher mon stage. Récemment, on m’a rappelé qu’en cours de négociation je savais me montrer convaincante, que j’avais un certain sens de la mise en scène :) Aujourd’hui, ça me sert encore : pour vendre un film sur les différents marchés internationaux, il faut s’adapter à son interlocuteur, savoir affronter des imprévus et anticiper les points de négo.

Il y a certains marchés plus difficiles à pénétrer que d’autres ?

Nous vendons nos films dans tous les pays du monde mais pas certains films ne sont pas toujours faciles à vendre. Aussi, il y a parfois de la censure. Par exemple, toutes les scènes de nu sont coupées au Moyen-Orient. Le loup de Wall Street avec Di Caprio a été réduit à 1h15. En Asie du sud-est, ce sont les insultes qui sont coupées… Parfois, on a aussi des problèmes de traduction, mais c’est plutôt marrant. Le dernier Klapisch, Ce qui nous lie, ça donne Back to Burgundy en Angleterre mais Retour en Bourgogne au Canada.

Pour toi, faire carrière ça signifie ?

Souvent, on s’imagine que c’est avoir un coup d’avance, qu’il faut anticiper son prochain emploi. Ce n’est pas mon cas, je n’ai pas d’étapes précises et je suis fidèle à StudioCanal. Bien sûr, il faut donner une forme de cohérence à ses expériences professionnelles, mais faire carrière passe aussi par un apprentissage continu. Et l’envie de progresser à son poste.

Maintenant que tu es manager, comment retient-on les meilleurs éléments ?

J’ai la chance d’être entourée de jeunes talents, passionnés de cinéma. Après, comme dans toute entreprise, il faut réussir à fidéliser ses collaborateurs. Pour moi, il est important de créer une ambiance de travail saine, de partager son expérience et de profiter de moments uniques. Par exemple ce mois-ci on a eu la chance de se rendre sur un tournage à Londres, en présence de Michael Caine. Ça va au-delà des seules conditions matérielles...

Un souvenir marquant dans ton travail ?

Plus qu’un souvenir, une impression de « Lost in translation » pendant mes déplacements en Asie. C’est un environnement toujours dépaysant.

Un film à voir ?

Il sortira seulement en octobre ou novembre mais je recommande vivement Jalouse, des frères Foenkinos. Ils ont notamment réalisé La délicatesse avec Audrey Tautou et François Damiens.

Anne Chérel (StudioCanal): “Some days, I’m like a child amazed. I am so lucky to work in cinema”

Anne Chérel (MSc in Management 2009) started out as an intern at StudioCanal in 2007, and was recently promoted to the role of director of international sales for the subsidiary Canal +.

What are your duties within Canal +?

SC is a film production and distribution company. We finance and distribute films through our subsidiaries in France, England, Germany and Australia and through sales to distributors in the rest of the world. In the jargon, one speaks of “fresh films” as opposed to catalogue films, which are old films.

What attracted you to this sector?

It is both a sound and creative job. I read scenarios every week and my role is to figure out the potential an arthouse movie might have in Asia, for example, or to know if Vincent Cassel will be available to play in a film ... Some days I am like a child amazed. It is a real chance to work with distributors and therefore cultures from all around the world, and to attend prestigious events such as the Cannes film market.

Did your time at emlyon business school help you in your career?

The Canal Group attaches a great deal of importance to diplomas, so yes very clearly my time at emlyon helped me to obtain an internship. Recently, I was reminded that during our business negotiation class, I had a flair for being convincing, and presenting myself well :) It serves me to date, because selling a film in different international markets means adapting to your interlocutor, anticipating the unexpected and being able to negotiate anyway.

Are some markets more difficult to penetrate than others?

We sell our films in every country around the world, but not all movies are easy to sell. There is also censorship to worry about. For example, all nude scenes are cut in the Middle East. The Wolf of Wall Street with Di Caprio was reduced to 75 minutes. In South East Asia, insults are cut out. Sometimes we also have problems with translation, but it's rather funny. The last film by Cedric Klapisch, Ce qui nous lie, literally “What binds us”, is called “Back to Burgundy” in England and this title has been back translated into French for the Canadian market and so it’s called Retour en Bourgogne in Canada!

What does having a career mean to you?

I think a lot of people think it means always being one step ahead, and anticipating the next career move. I don’t agree with that. I don’t have any specific goals to attain and I am faithful to StudioCanal. Of course, there needs to be some form of coherence to a person’s professional experience, but a successful career also requires continuous learning and the desire to progress in one’s position.

Now that you are a Manager, how do you keep hold of your best employees?

I am lucky to be surrounded by young talented people, who are passionate about cinema. As in any company, it is important to keep hold of one’s employees. For me, it is important to create a healthy work atmosphere, share your experience and enjoy unique moments. For example, this month we had the chance to go to a film shoot in London in which Michael Caine was acting! It goes beyond material perks...

A memory that sticks out the most from your work?

More than a memory, an impression of being completely lost in translation during my trips to Asia. It really is a very different environment.

A must-see movie?

One that will be released in October or November of this year (2017) I highly recommend Jalouse, by the Foenkinos brothers. They also made La délicatesse with Audrey Tautou and François Damiens.


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