Antoine Joly Battaglini (Shippeo) : « Apprenez les règles pour mieux savoir jouer avec et se rapprocher des limites pour pousser les projets à leur maximum »

Sep 06, 2017

Lancé en 2014, Shippeo édite une solution SaaS et mobile permettant à ses clients de tracker en temps réel des flottes de camions partout en Europe. Antoine Joly Battaglini (European Master in Management) est en charge de l’interfaçage et l’intégration de ce produit avec l’informatique embarquée des véhicules et les logiciels de gestion des transports (TMS).

Qu’est ce qui te plait le plus dans ton métier et qu’est-ce qui est le plus « challengeant » au quotidien ?

Le plus gros challenge est de devoir structurer le travail dans une société en pleine explosion. Il faut définir et mettre en place des processus puis les tester et les adapter, le tout permettant d’être chaque semaine plus efficace, « d’industrialiser » tout en augmentant la qualité du travail effectué. Dans tous mes postes je m’efforce d’être en prise avec le domaine tout en gardant du recul et un regard extérieur.

Que retiens-tu de tes expériences passées au sein d’Airbus et Mymicrogravity ?

Deux expériences d’une richesse incroyable. Outre tous les aspects de négociation, prospection, politique interne et externe ou même la gestion de l’entreprise, je crois que le principal aura été d’oser ! Il est important d’apprendre les règles pour mieux savoir jouer avec ; se rapprocher des limites pour pousser les projets à leur maximum. Se nourrir des personnes d’expérience, mais toujours challenger le statuquo. C’est ce qui m’a permis de mener avec succès de beaux projets disruptifs chez Airbus puis de me lancer et de pousser Mymicrogravity.

Qu’est-ce que l’esprit « early maker » pour toi ?

Cela correspond, selon moi, à ne pas se laisser porter par les flots, être acteur du changement plutôt que de le subir, ne jamais considérer les choses comme acquises ou définitives mais toujours les remettre en question.

Si tu étais une innovation, tu serais laquelle ?

Je pense plus à des innovations des process ou de méthodes de travail. Rares sont les nouveaux produits à succès qui étaient les premiers du genre. En revanche, en repensant des processus industriels, en recombinant l’existant différemment, on peut considérablement améliorer l’existant et je crois que cela me caractérise.

Et un personnage ?

Grant Dalton qui a pris la suite de Peter Blake à la tête de Team New Zealand pour la Coupe de l’America. Il a su faire grandir l’équipe, s’entourer de personnes compétentes qui avaient à cœur de faire avancer le projet. Il a démontré à plusieurs reprises que la taille du budget ne fait pas gagner l’équipe mais la cohésion, l’innovation, et la créativité oui. Dans le monde actuel un individu ne peut plus réussir tout seul, les succès sont presque toujours des histoires d’équipe.

Quel conseil donnerais-tu à un étudiant qui s’apprête à rejoindre une startup à très forte croissance ?

Attention ! Le plus important est de bien comprendre les valeurs et l’esprit de l’entreprise. Est-ce qu’on y adhère ? Ne pas se faire piéger par « l’esprit startup ». Ne pas tout accepter sur les aspects de salaire, contrat de travail, horaires sous prétexte que c’est une startup. Même dans une startup de la rigueur et des processus (agiles) permettent de bien faire son travail. Si vous trouvez tout cela, mettez-y du cœur à l’ouvrage, vous participez certainement à une belle aventure qui bouleverse un marché et si les dirigeants sont bons et ont des valeurs ça sera reconnu bien plus vite que dans une grande entreprise et vous apprendrez énormément.

Antoine Joly Battaglini (Shippeo): “Learn the rules so that you can better tinker with them and push your projects to their limits”

Founded in 2014, Shippeo publishes a mobile SaaS solution that enables clients to track truck fleets throughout Europe in real time. Antoine Joly Battaglini is in charge of interfacing and integrating this product with onboard vehicle software and transport management systems (TMS).

What do you like most about your job and what is the biggest challenge you face every day?

The biggest challenge is organizing the work in a company that is booming. You have to determine and implement processes, then test and tailor them to gain in efficiency week by week, and “industrialize” while at the same time improving the quality of what you do. In all of my jobs, I try to be in direct contact with the field while keeping some distance and an outside perspective.

What did you take away from your experiences at Airbus and Mymicrogravity?

Two incredibly rich experiences. Beyond the aspects related to negotiation, prospecting, Internet and external relations policy, or even the management of the company, I think the main thing has been to dare to try! It is important to learn the rules so that you can better tinker with them and push your projects to their limits. Learn from people with experience yet always challenge the status quo. This is what helped me to successfully run some truly disruptive projects at Airbus and then to take the plunge and drive Mymicrogravity forward.

What does the “early maker” mindset mean to you?

In my view, it means not letting yourself be caught up in the tides, it means changing the world around you instead of having to put up with changes decided by others, never taking things for granted or seeing them as set in stone, but rather always calling them into question. Looking far ahead: just because something has never been done before doesn’t mean it’s not worth trying!

If you were an innovation, what would it be?

I’m thinking more of innovations in work processes or methods. Successful new products are rarely the very first of their kind. On the other hand, by rethinking industrial processes, and combining what currently exists in different ways, you can considerably improve a current product. That’s typically the way I think.

What advice would you give to a student who is about to join a very high-growth start-up?

Be careful! The most important thing is to get a good understanding of the company’s values and mindset. Do you buy into it? Don’t fall into the “start-up spirit” trap. Don’t compromise on your salary, contract and working hours simply because it’s a start-up. Even at a start-up, being meticulous and having agile processes can help you to do your work. If you find all of that, pour your heart into your work, and you will surely be part of a great adventure that shakes up a market. And if the top management is good and has values, your efforts will be recognized much more quickly than at a big company and you will learn a great deal.


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