Valérie Docher, une diplômée du programme PGM raconte son changement de vie total pour venir en aide aux blessés de guerre afghans

Sep 18, 2017

Clermont-Kaboul… Après un parcours confortable dans le privé, Valérie Docher (PGM 2006) décide de changer de vie, là où se jouent davantage des enjeux humains et sociaux. Elle s’engage dans l’humanitaire auprès de l’ONG MRCA (pour Medical Refresher Courses for Afghans), où elle devient chez de mission. Son association intervient uniquement en Afghanistan, dans le domaine de la santé. Celle-ci gère les hôpitaux et les équipes rélisent des suivis de la santé dans les villages. Aujourd’hui, elle fait des allers-retours entre les volcans d’Auvergne et les montagnes de l’Afghanistan, afin que le pire ne prenne pas le pas sur le meilleur… 

Quel était votre parcours avant de travailler pour MRCA ?

J’ai notamment travaillé comme responsable commerciale et responsable de production dans une société d’impression à Clermont-Ferrand. Assez vite, j’ai eu besoin de changer de vie, de me réorienter pour me rendre « utile ». J’ai alors repris des études à emlyon business school puis un master 2 dans l’humanitaire à Liverpool. Ensuite, je suis devenue consultante aux Etats-Unis et c’est en 2010 à Handicap International à Lyon que j’ai rencontré MRCA.

Pourquoi l’Afghanistan ?

Depuis que j’ai 20 ans, c’est un pays qui m’a toujours attirée. Disons que le pays s’est imposé à moi…

Depuis que vous avez intégré cette ONG, quel changement sur place ?

Nous constatons une nette amélioration de la santé, notamment des enfants. Cela est dû à la formation des sages-femmes. Beaucoup de choses sont aussi faites pour soulager les traumatismes de guerre. Mais aujourd’hui l’Afghanistan n’est plus une priorité, les budgets baissent et il est difficile de maintenir les efforts pour l’amélioration des conditions de vie. De nouvelles guerres font rage, l’OTAN a retiré ses troupes et les pays qui apportaient un soutien financier ont décidé de dire « Maintenant tout va bien ». Ce n’est malheureusement pas si vrai…

Quels liens entre votre parcours à emlyon business school et MRCA ?

Aujourd’hui, les ONG sont gérées comme des entreprises du privé. A l’école, j’ai appris le management des hommes par exemple. Quand on a 1 200 personnes sous ses ordres, c’est utile. En venant du privé, j’ai aussi imposé des outils de contrôle du monde de l’entreprise, c’est bénéfique aujourd’hui pour les ONG, notamment pour le suivi financier.

Manager en France ou en Afghanistan, c’est différent ?

Bien sûr, les codes ne sont pas les mêmes. Au début, on commet des erreurs, il faut comprendre les us et coutumes locales, s’y adapter

Votre vie se déroule entre Clermont-Ferrand et Kaboul, ce n’est pas difficile ?

J’ai vécu 5 années dans le pays et depuis un an et demi, je fais des allers-retours tous les 3 mois entre la France et l’Afghanistan. Quand on a été longtemps expatrié, le retour n’est pas évident. Si j’apprécie de pouvoir marcher dans les rues ou de me poser en terrasse, on est confronté à un autre stress en France. Les gens se plaignent beaucoup alors qu’ils bénéficient d’un confort de vie évident. Parfois aussi, on ne sent plus à sa place nulle part, ni vraiment Française, ni Afghane… On peut ressentir une forme de décalage.

Comment gérez-vous les situations qui vous mettent face au danger, voire à la mort en Afghanistan ?

Il faut régulièrement s’évader, prendre un bon bol d’air pour affronter des situations psychologiquement difficiles. Quand on assiste à l’explosion d’un hôpital par exemple, rempli d’enfants, on peut craquer… Heureusement, on bénéficie d’un soutien psychologique de MRCA.

Sur votre table de chevet, on trouve ?

L’ouvrage de l’américain Barnett R. Rubin, Afghanistan from the cold War through the War on Terror.

Une personnalité qui vous inspire ?

J’ai beaucoup de respect pour le combat qu’avait mené Soeur Emmanuel ainsi que sa vivacité et sa passion.

Suivez Valérie Docher sur Twitter. 

Valérie Docher, a graduate of the PGM programme tells us how she uprooted her life to help the injured in Afghanistan

From Clermont to Kabul, how Valérie Docher (PGM 2006) swapped a comfortable career in the private sector to address social and humanitarian challenges. She joined the NGO MRCA (Medical Refresher Courses for Afghans) and became a mission director. Her association intervened solely in Afghanistan and in the field of health. It managed hospitals and the teams performed health check-ups in the villages. Today, Docher travels back and forth between the volcanic landscape of Auvergne and the mountainous terrain of Afghanistan to help those people most in need.

What did you do before joining MRCA?

I worked as a sales and production manager in a printing company in Clermont-Ferrand. I soon felt that I had to change my life, to make myself "useful". I resumed my studies at emlyon business school and then did a Masters in Humanitarian Studies in Liverpool. After that, I became a consultant in the United States and it was in 2010 at Handicap International in Lyon that I met MRCA.

Why Afghanistan?

Ever since I was 20 years, it has been a country that appealed to me; it seemed like an obvious choice.

Since you joined the Ngo, what changes have you observed in the field?

We have seen a marked improvement in health, especially among children. This is due to the training of midwives. Many things are also done to alleviate the trauma of war. But today Afghanistan is no longer a priority, budgets are falling and it is difficult to maintain efforts to improve living conditions. New wars have taken precedence, NATO withdrew its troops and the countries that provided financial support decided to say "Now all is well". Unfortunately, this is not true.

What links can you draw with your time at emlyon business school and at your time at MRCA?

Today, NGOs are run like private companies. At school, I learned how to manage teams of people, for example. I had 1200 people to manage, so it was pretty useful. Coming from the private sector, I also implemented business management tools, which is beneficial for NGOs today, especially for financial monitoring.

Are there any differences between managing in France and Afghanistan?

Of course, the codes are not the same. I made some mistakes at first. You have to learn and understand local customs and adapt to them.

Your life is spent between Clermont-Ferrand and Kabul, is that difficult?

I lived in Afghanistan for five years, but for the last 18 months, I have been travelling back to France every three months. When you’ve been away for a long time, it’s not easy coming home. While I enjoy being able to walk the streets and sit outside a café, we are faced with a different kind of stress in France. People complain a lot despite the obvious comfort they enjoy in life. Also, sometimes, I don’t feel at home anywhere; not really French nor Afghani ... I feel somewhat disconnected.

How do you deal with dangerous and potentially fatal situations in Afghanistan?

I have to take regular breaks, and get some fresh air in order to face psychologically difficult situations. When you witness a hospital full of children being bombed, it can make you crack up psychologically. Fortunately, we have psychological support from MRCA.

What would we find on your bedside table?

The work by American author Barnett R. Rubin, Afghanistan from the cold War through the War on Terror.

A figure of inspiration for you?

I have enormous respect for the fight Sister Emmanuel led, as well as her vivacious character and passion.


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