Jean-Nicolas Baylet (ESC 2009), Directeur Général- adjoint de « La Dépêche Du Midi » :

Sep 25, 2013

« Les cartes se rebattent actuellement autour des nouveaux médias, mais l’écrit demeure ».

A 29 ans, et même si cela ne lui semblait pas forcément joué au départ, Jean-Nicolas Baylet est Directeur Général d’une grosse PME familiale qui rayonne sur tout le sud-ouest de la France, le quotidien La Dépêche du Midi, basé à Toulouse.

Lorsqu’il se trouvait à EMLYON, il avait apprécié la formation généraliste de l’Ecole qui laissait largement ouverts ses horizons et lui fournissait des atouts susceptibles de le faire évoluer dans des univers différents. Il est vrai qu’il songeait surtout, à ce moment-là, à voyager, connaître le monde et envisageait plutôt de se construire une expérience dans les milieux de la finance.

Il passe alors, à sa sortie de l’Ecole un an chez Natixis à New York, puis  un peu plus d’un an chez Pierre Fabre (industrie pharmaceutique), comme contrôleur de gestion en Argentine. Mais s’il apprécie la découverte d’univers culturels différents, notamment en Amérique latine, il se rend vite compte que celui de la finance ne lui convient guère.

En 2010, son père Jean-Michel Baylet, PDG de la Dépêche l’appelle à ses côtés, car il souhaite à terme se retirer de la direction du quotidien.

Pourquoi avoir accepté de rejoindre « La Dépêche » aux côtés de votre père ?

J-N. B. – Les enjeux dans ce domaine sont passionnants et certains atouts indéniables m’ont convaincus que je pourrais y jouer un rôle. La presse écrite est un milieu qui souffre car internet et les nouvelles technologies ont considérablement changé la donne. Mais nos capacités d’adaptation sont grandes et la bataille est très loin d’être perdue. La Dépêche du Midi est une grosse PME de 850 salariés et 140 millions d’euros de chiffre d’affaires. 160 000 journaux sont vendus chaque jour avec un fort taux de pénétration puisqu’on compte 800 000 lecteurs/jour. Par ailleurs le site internet de La Dépêche reçoit la visite de 5 millions de personnes (visiteurs uniques) par mois.

A mon arrivée, pendant un an, j’ai fait le tour des différents services du groupe au sein desquels se côtoient des métiers très différents car je considère que dans une PME, même au sommet de la hiérarchie, on doit être capable de «  mettre les mains dans le cambouis ».

La mutation des médias vers le numérique ne signifie-t-elle pas la fin des quotidiens de la presse écrite, comme La Dépêche ?

J-N. B. – Il est certain que nous venons d’un modèle économique qui est en souffrance du fait, notamment, des variations du marché publicitaire. Mais un certain nombre d’éléments me rendent confiant pour l’avenir. Nous disposons d’une image de marque de qualité reconnue. Si nous arrivons à évoluer suffisamment vite, dans ce milieu en profonde mutation, nous pouvons tirer notre épingle du jeu : il y a du potentiel. Depuis 142 ans, notre métier c’est l’écrit et ce cœur de média, même très concurrencé, ne disparaîtra pas. L’audio et l’audio-visuel, sont des médias différents et complémentaires. L’écrit permet de marquer un temps dans le flux médiatique. L’enjeu, pour nous qui maîtrisons l’écrit, est de rajouter les autres techniques dans la palette de nos journalistes. Le milieu des médias me passionne. Lorsqu’on aime les belles choses, l’écrit, la vidéo, l’audio permettent la créativité… Tous les jours notre produit est nouveau.

Vous avez la chance d’être implanté dans une région qui bénéficie d’atouts économiques précieux ?

J-N. B. – Nous nous trouvons dans la 4ème ville de France, et au sein d’une mégalopole qui s’appuie notamment sur l’aéronautique (Airbus) et un pôle Recherche important. Et pourtant Toulouse ne bénéficie pas encore du TGV ! Il y a une forte interpénétration avec tout le sud-ouest et l’Espagne. De ce fait, l’influence de la culture hispanique est forte. C’est d’ailleurs cet aspect de voyage et de connaissances d’autres cultures qui me semble important dans l’apprentissage des jeunes diplômés, hors les bases des métiers de gestion et de direction d’entreprises bien sûr. Le voyage apprend l’humilité, lorsqu’il faut se débrouiller seul dans des pays qui sont à des années lumière d’EMLYON !

Contact : Jean-Nicolas Baylet (ESC 2009), tél. 05 62 11 33 12,

 jean-nicolas.baylet@ladepeche.fr

 


Other news

Cookies help us deliver our services. By using our services, you agree to our use of cookies.