Florence Rollet (ESC 87), Vice-Présidente chargée de l’Europe pour Tiffany and Co

Dec 06, 2013

« Le plus important – qu’on soit homme ou femme - c’est d’être adapté à la culture de l’entreprise »

47 ans, un parcours mené tambour battant, avec un grand pragmatisme et un enthousiasme qui ne se dément pas, bien que teinté d’un peu plus de tension au fil des responsabilités, Florence Rollet (ESC 87) est, depuis juin 2013, basée à Londres et Vice-Présidente chargée de l’Europe pour le groupe Tiffany and Co., N°2 mondial de la joaillerie. Elle avait auparavant passé 5 ans et demi au sein de la société Parfums Christian Dior (groupe LVMH) pour laquelle elle gérait, comme Directeur du Développement, 22 pays en Europe, tout en assurant également des responsabilités relatives au processus et à la gestion du réseau Retail et également du Training.

En 25 années de carrière vous avez du relever un certain nombre de challenges ? 

F.R. : C’est ce qui me motive et fait que je suis heureuse de partir travailler le matin. La volonté d’apprendre, de découvrir des marchés différents, des environnements nouveaux est un moteur de chaque instant qui me permet une remise en cause permanente et une motivation forte pour aller toujours plus loin… Aujourd’hui, chez Tiffany, je gère un réseau de 35 points de vente en Europe. J’ai la responsabilité financière de la région, de son développement dans les différents pays européens, et je suis également en charge de la stratégie à adopter pour garantir le meilleur service client dans chacun de nos points de vente…Je pense que dans ce marché du luxe, le professionnalisme allié à une grande notoriété des produits reste un atout précieux dans cette période économiquement compliquée. Les marques de luxe restent un segment en croissance dans l’environnement économique actuel parce qu’elles répondent aussi à un besoin d’évasion des consommateurs hors de leur quotidien, en vivant des «  shopping expériences » uniques  …

Vous avez débuté votre parcours assez loin des parfums, des produits de beauté ou des bijoux ? 

F.R. : Oui, j’ai effectué tout mon début de parcours dans les Brasseries Kronenbourg (alors filiale de Danone). De 1987 à 1994, j’ai enchaîné les fonctions commerciales et marketing jusqu’à celle de chef de vente régional, en charge du quart sud-est de la France. Une étape a été marquante pour moi, un séjour d’un an en Grèce, au début des années 1990, comme adjointe du directeur commercial et marketing des brasseries Henninger, fraîchement rachetées par Danone. J’ai tout de suite aimé ce pays, dont j’ai d’ailleurs appris la langue, et dans lequel je me rends régulièrement. L’expatriation est une expérience à conseiller fortement à tous les jeunes, c’est très enrichissant : cela oblige à une remise en cause et à une ouverture sur d’autres modes de pensée. On apprend aussi la tolérance lorsqu’on se frotte à des modes de vie différents des nôtres.

A partir de 1994, j’ai intégré Pepsi Co France où j’ai contribué à la création de la filiale France avec notamment la mise en place d’une force de vente indépendante de celle précédemment gérée par Orangina pour le réseau de Grande Distribution, mais je manquais d’autonomie. J’ai alors répondu favorablement à une demande de Reckitt & Colman France pour le poste de Directeur du Category Management. Au bout de trois ans, j’étais directrice de clientèle et j’avais eu la chance de découvrir de nombreuses catégories et marques dont les produits de beauté Barbara Gould qui ont préparé mon passage chez Coty France en 1999. Et début 2005, j’étais Directrice Générale de Coty France.

Pensez-vous que les responsabilités managériales ou de direction d’entreprise s’ouvrent aujourd’hui plus facilement aux femmes ?

F.R. : Le monde a beaucoup bougé sur ce sujet ces 20 dernières années. Etre une femme, ce n’est ni un défaut ni une qualité, c’est un fait ! Il reste que pour certains hommes, la présence d’une femme aux commandes peut être un problème. Il faut savoir dépasser ces réactions négatives, parfois et surtout rester très professionnelle. En conservant ses convictions, en sachant mettre un peu de recul et beaucoup d’humour dans tout ça, on dédramatise beaucoup de situations. Par ailleurs, de nombreuses entreprises sont ravies de travailler avec des femmes.

Les réactions que peut générer une femme (ou un homme !) sont parfois liées à sa personnalité, à son caractère. Certaines peuvent déranger, d’autre pas. J’ai eu la chance d’être aidée et soutenue dans ma vie professionnelle. Le plus important – qu’on soit homme ou femme - c’est d’être adapté à la culture de l’entreprise. J’ai été l’une des premières chef de vente chez Kronenbourg. J’ai également été l’une des premières à avoir une Direction générale chez Coty et ça ne m’a pas posé de problèmes particuliers. Mais il est clair qu’un facteur essentiel vient des mentalités qui varient beaucoup selon les secteurs d’activité.

Ce que j’ai envie de dire à de jeunes diplômés, quel que soit leur sexe, c’est – avant de poser leur candidature à un poste ou dans une entreprise – de vérifier que ce qu’ils sont en tant que personne correspond bien à cette entreprise et à ses valeurs. Car une entreprise doit générer des résultats, elle a des objectifs à atteindre qu’il ne faut pas confondre avec le positionnement des marques. Il faut savoir aussi écouter son instinct, on ne découvre et ne connaît ses propres valeurs qu’en se frottant au monde des entreprises.

Contact : Florence Rollet, tél.06 16 24 08 32, rolletflorence@yahoo.fr  

 


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