Philippe Boele (MBA 85), Directeur Général du marché Grand Public de 3M France

Jan 07, 2014

« Management et business sont mes carburants ! » 

A 50 ans et depuis décembre 2012, Philippe Boele (MBA 85) est Directeur Général du marché Grand Public de 3M France. Diplômé de l’Ecole Supérieure de Chimie de Marseille en 1984, il cherchait une formation complémentaire qui puisse allier management, international et business : ce fut EMLYON. Et dès sa sortie de l’Ecole, il débute sa carrière chez 3M France, une multinationale américaine dont on ne retient parfois que ses marques de post it ou d’adhésif, mais qui est leader sur cinq grands marchés : industrie, sécurité et signalétique, électronique et énergie, santé, grand public. Elle réalise un chiffre d’affaires mondial de 30 milliards de dollars et compte 80 000 collaborateurs dans 70 pays. La filiale française, quant à elle, pèse pour 1,1 milliard d’euros et compte 3000 personnes.

Tout en étant au sein d’une multinationale, vous avez enchaîné les postes différents ?

P.B. : Oui, j’en suis au 15ème ou 16ème job ! En fait j’avais fait une petite infidélité à 3M en 1989 pour passer 3 ans à la Direction industrielle d’une PME de l’industrie du packaging, mais j’ai assez vite découvert que j’étais plus à l’aise dans une structure plus grande. Et en 1992, j’ai réintégré 3M au poste de Direction de projet. Je pilotais un groupe d’ingénieurs chargés de conduire des projets d’amélioration et d’innovation. Ensuite, j’ai fait partie d’un programme mondial au sein de 3M et je suis devenu, à partir de 2004, membre du Comité de Direction, avant de prendre la Direction industrielle de la filiale française. Puis, je suis passé à l’échelle européenne pour m’occuper des fusions-acquisitions sur une zone qui s’étendait de l’Atlantique à l’Oural !

En 2008, lors de l’acquisition par 3M du groupe alsacien EMFI, spécialisé dans les adhésifs industriels, je me suis vu confier la mission d’intégrer cette société. En 2010, j’ai pris la Direction Générale des marchés Protection, Hygiène et Sécurité, et en septembre 2011, j’ai été nommé Directeur Général du Groupe GPI, nouvellement acquis par 3M, avant de devenir fin 2012, Directeur Général du marché Grand Public !

Quelle est la motivation qui vous a entraîné dans cette ronde de postes ?

P.B. : J’aime assez les défis et je suis d’un tempérament assez pressé ! Mais je crois surtout que manager, c’est mon carburant, plus que la technique. Mais un management qui inclut la volonté de construire, donc de faire du business.

A travers ces jobs, et l’entreprise, et moi, obtenons des satisfactions réciproques. L’entreprise apprécie mes capacités d’adaptation dans des problématiques et des endroits différents. Moi j’en retire une certaine marque de confiance de l’entreprise qui me confie des challenges. Mais c’est également une aventure humaine : à chaque fois, il faut trouver les équipes qui conduiront le projet à la réussite. Au fil de toutes ces expériences, j’ai développé ma capacité à conduire des équipes dans quelque lieu et quelque activité que ce soit, j’ai été amené à coacher des gens de talents et à les accompagner dans des projets de haut niveau…

Conseilleriez-vous à des jeunes de se lancer, comme vous l’avez fait, dans de tels changements d’activités ? 

P.B. : Il ne faut pas être effrayé d’exercer plusieurs métiers dans sa vie, c’est extrêmement enrichissant. Quand bien même il ne s’agit pas toujours d’une promotion. Je trouve qu’en France, les jeunes ne s’adaptent pas assez et ne sont pas assez mobiles. Sans tomber dans la bougeotte, il faut des gens qui évoluent avec les entreprises. Il ne s’agit pas d’être corvéables à merci, bien sûr, mais en France, il y a un frein psychologique à la mobilité à la différence de ce que j’ai pu voir dans d’autres pays. En Allemagne, par exemple, les jeunes sont très tôt exposés à des problématiques différentes de celle de leur pays. Pour une PME allemande, l’international fait, dès le départ, partie de sa feuille de mission. Dès le départ, son marché, c’est la planète. Et de ce point de vue, les entreprises françaises ont un train de retard.

Pour moi, l’international et l’adaptabilité sont des données déterminantes pour des jeunes qui se préparent à des fonctions de direction. Mais ces jeunes ne pourront s’épanouir qu’à la condition que s’instaurent des relations de confiance mutuelles avec l’entreprise. Si les deux parties ne sont pas dans du positif au départ alors on ne peut pas espérer grand-chose.

Contact : Philippe Boele (MBA 85), tél. 06 07 44 91 02, pboele1@mmm.com

 

Cookies help us deliver our services. By using our services, you agree to our use of cookies.