Christian Ngan (M.S. 2010) : « Changer le monde, c’est aussi résoudre certains problèmes simples »

Feb 14, 2014

Christian Ngan, c’est l’histoire d’un passionné de finance qui décide sur un coup de tête de quitter en 2012 son confortable salaire dans le milieu bancaire en Europe pour se lancer dans une aventure entrepreneuriale au Cameroun, pays natal. Il créé alors Madlyn Cazalis, marque de produits cosmétiques naturels ethniques pour peaux noires et métissées. Folie ou coup  de maître ? Sans doute un peu des deux, ce savant mélange étant bien souvent la recette du succès des entrepreneurs de talents. Le magazine économique Forbes vient de le reconnaître comme l'un des 30 jeunes entrepreneurs africains les plus prometteurs de l'année 2014. Preuve, s’il en fallait une, que Christian Ngan a réussi son pari.

Pensez-vous avoir l’âme d’un entrepreneur ou l’avez-vous acquise au cours de votre formation au sein d’EMLYON Business School ?

J’ai toujours voulu devenir à terme mon propre patron, mais je n’imaginais pas que j’aurais pu y arriver aussi rapidement. Passionné par le management et la finance d’entreprise, avoir la possibilité de zigzaguer entre plusieurs fonctions de l’entreprise m’a toujours attiré. Par ailleurs, voir mûrir un projet est une forme d’accomplissement personnel qui m’a toujours attiré. L’enseignement offert par EMLYON m’a également conforté dans le fait que créer quelque chose de nouveau et ouvrir de nouvelles perspectives étaient des facteurs d’accomplissement personnel très importants. Il y a donc sans doute un peu des deux.

Quel regard portez-vous sur l’article de Forbes qui vous cite comme un des 30 jeunes entrepreneurs africains les plus prometteurs en 2014 ?

N’étant entrepreneur que depuis un et demi, j’avoue avoir été particulièrement surpris. Je crois surtout que le magazine a félicité mon investissement qui a porté ses fruits en très peu de temps, et avec des moyens réduits, pour la marque Madlyn Cazalis (Reportages de médias locaux et étrangers, débats télévisés, spot TV/Radio, affichage, réseau de points de vente, amélioration du packaging etc.). Forbes a su décrypter les grandes ambitions qui se cachent derrière Madlyn Cazalis.

Le magazine économique a peut-être également été interpellée par mon profil qui sort des sentiers battus. J’ai en effet décidé, sur un coup de tête, de laisser un poste très bien payé au sein d’une banque d’affaires européenne pour rentrer en Afrique et y lancer mon propre business. Là où certains y voient du courage, je vois plutôt une forme de devoir, car l’Afrique a besoin des Africains pour se construire.

Enfin, j’y vois aussi un signe d’encouragement pour mes congénères entrepreneurs camerounais très talentueux mais dont on ne parle malheureusement pas assez.

De plus en plus d’entrepreneurs africains émergent et souhaitent faire briller leur Continent sur la scène internationale. Quel regard aimeriez-vous que l’on porte sur l’Afrique ?

Avec l’arrivée des nouvelles technologies de l’information et de la communication, la perception que certaines personnes avaient au sujet de l’Afrique évolue. L’erreur la plus commune est de croire que les 54 pays de la zone forment une couche homogène. Chaque pays a pourtant ses spécificités et même au sein de chaque région (Maghreb, zone CEMAC, UEMOA etc.) des pays très différents se côtoient.

Actuellement, les projecteurs sont braqués sur nous pour trois raisons principales : nous avons des taux de croissance élevés, nous sommes le grenier du monde, et enfin, nous avons une forte population jeune avec une forte envie de s’exprimer. J’aimerais que l’Afrique soit perçue comme une terre dynamique et que chaque pays puisse être fier de son identité. Des pays comme le Ghana, le Maroc, le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Ethiopie, le Nigeria ou bien le Botswana (et il y en a d’autres) sont des exemples à suivre. Nous, Africains, pouvons aussi prendre en main notre destin et nous insérer confortablement dans le jeu de la mondialisation.

Avez-vous bénéficié du soutien du réseau des diplômés EMLYON FOREVER ?

Pour le lancement de mon projet, je n’ai pas sollicité le soutien du réseau des diplômés car la décision de se lancer s’est faite très vite. En revanche, dès ma sortie de l’Ecole, j’ai bénéficié d’énormément de conseils et de soutiens lors de ma recherche de travail. J’ai effectivement été très impressionné par l’importance du réseau de diplômés EMLYON  (d’entrepreneurs et de financiers notamment).

Quels conseils avez-vous pour les futurs entrepreneurs qui souhaitent lancer une activité entrepreneuriale dite « responsable »

Je demanderai aux jeunes de bien réfléchir à leurs projets et surtout d’apprendre tous les jours, à la fois des autres, et de leur environnement. Quand on démarre un projet, il est important de se demander, « pourquoi je le fais » ? Ai-je aussi envie à ma manière de changer le monde ? Changer le monde ne veut pas dire réinventer la roue. Changer le monde, c’est aussi apporter un vent frais ou résoudre certains problèmes simples. Un agriculteur qui créé 5 emplois change le monde, un bénévole pour une association de lutte contre la faim change le monde et un jeune qui monte une start-up en utilisant une autre approche change le monde. Les principales difficultés restent la résistance face à la pensée unique ou la peur de se sentir jugé, notamment lorsqu’on innove. Il faut donc dépasser ses appréhensions, casser les modèles existants, et pouvoir innover car au final, c’est l’entrepreneur, avec son cœur et sa vision, qui porte le projet.

Contactchristian.ngan@madlyncazalis.com, twitter : @MadlynCazalis


 


Other news

Cookies help us deliver our services. By using our services, you agree to our use of cookies.