Nassir Goulamaly (ESC 93) « La France compte de belles PME, dynamiques et innovantes ! »

Mar 21, 2014

Nassir Goulamaly est le PDG de Oceinde. Ses ancêtres, originaires du nord-ouest de l’Inde (très industriel et commercial) ont géré des comptoirs sur les routes qui reliaient l’Inde à l’Asie. Au fil des générations, certains ont posé leurs valises le long du parcours, notamment à Madagascar et à La Réunion. Ainsi la famille de Nassir Goulamaly (ESC 93), s’est-elle installée à La Réunion.

Sportif de haut niveau (natation), Nassir Goulamaly se cherchait une formation de haut niveau également dans le domaine marketing et commercial : il choisit EMLYON où il entre en admission parallèle. « Ce fut l’un des meilleurs choix de ma vie, précise-t-il. J’ai été très vite conquis non seulement par l’excellente ambiance mais aussi par l’importance de l’international dans l’enseignement et l’insistance marquée sur l’entrepreneuriat.

Vous êtes assez vite entré dans le groupe familial Oceinde ? 

N.G. : Oui, mais auparavant j’étais parti 4 ans en Indonésie comme VSN chez Alcatel. Depuis effectivement, je dirige Oceinde, le groupe familial en pleine expansion créé par mon père, très implanté dans l’Océan Indien : 1500 personnes et des activités très diversifiées au sein de trois centres de profit, pour 200 millions d’euros de CA :

- 1/3 dans la chimie du bâtiment (une vingtaine de chercheurs dans la peinture industrielle, notre laboratoire se trouve dans l’Essonne, au sud de Paris) ;

- 1/3 dans la pêche industrielle, où nous sommes armateurs. Au nord de Madagascar, notre groupe possédait déjà avec Armement de Mascareignes, un élevage de crevettes. En 2000, nous avons choisi d’implanter au Mozambique une ferme de 350 hectares, un élevage de crevettes en site naturel reconnu mondialement pour l’excellence de ses produits. Nous faisons la reproduction, l’écloserie, la récolte, la surgélation et l’exportation à partir du site.

- 1/3 comme opérateur télécom à La Réunion, où la PME que nous sommes a fait le pari de « fibrer » le département de La Réunion, ce qui représente un enjeu financier considérable.

Nous avons trois usines en France, des bateaux usines, mais je crois qu’on peut dire sans conteste que la passion de l’activité industrielle constitue l’ADN de l’entreprise. Par ailleurs, je participe également au financement de Breega Capital, un fonds d’investissement destiné à aider les start up à passer le cap du million de CA.

Breega Capital est une société de capital risque investissant dans de jeunes sociétés technologiques européennes à fort potentiel de croissance recherchant un premier tour de financement professionnel entre 500 000 et 2 000 000 d’euros et pouvant faire preuve d’une réponse à un vrai besoin de marché en ayant déjà généré un peu de chiffre d’affaires.

Qu’est-ce qui vous a motivé dans le choix de développer la PME familiale, plutôt que construire une carrière au sein d’Alcatel, par exemple ? 

N.G. : C’est à la fois la passion de l’entreprise et quelque part la passion de vivre en prenant des risques. Le moteur principal n’est sûrement pas l’argent. Après avoir repris ZEOP, opérateur internet à La Réunion, notre groupe s’est révélé porteur d’un important projet de déploiement de FTTH (Fiber to the Home, réseau de télécommunications en fibre optique) et de  réseau mobile dans le département d’Outre-Mer. Lorsque je « joue » face aux puissants opérateurs télécoms français et internationaux pour équiper La Réunion avec les techniques de la fibre optique ou lorsque je me bats pour obtenir une licence mobile 4G pour Madagascar et La Réunion, lorsque je rachète une société française dans la peinture décorative pour la déployer à un niveau européen, je prends des risques financiers très importants, mais j’assure aussi le développement de mon groupe. Cela signifie être fou de travail, ambitieux pour son entreprise et ceux qui y travaillent, savoir trouver les outils et les financements nécessaires pour construire ses projets. Cela veut dire aussi avoir en soi une énergie à toute épreuve et croire que le développement industriel et l’innovation français sont encore des réalités. Tout cela a du sens.

Vous n’adhérez pas au discours pessimiste ambiant sur les entreprises françaises ?

N.G. : Contrairement à ce qu’on entend souvent, il existe en France de très belles PME, innovantes et dynamiques, une grande richesse d’équipes, de grandes compétences et de jeunes dirigeants qui prennent des risques tous les jours pour développer leur activité. Notamment à Lyon,  j’ai trouvé des soutiens précieux lorsque j’ai monté des projets. La région compte de nombreux internationaux, dont curieusement un nombre notable d’Indiens de Madagascar (deux d’entre eux faisaient d’ailleurs partie de ma promo à l’école) et lorsqu’on sait travailler et réfléchir en équipe, cela s’avère payant.

Je suis opposé à tout ce « déclinisme » dans lequel nous baignons aujourd’hui. Bien sûr, il faut aller découvrir le monde mais il y a beaucoup de choses à faire en France ou à partir de la France. Dans nos trois métiers, malgré notre taille de PME, nous tenons un rang mondial : nous sommes N°1 mondial sur les peintures anti-feu et reconnus à égalité avec l’Italie pour les peintures décoratives. Sur la pêche, la France bénéficie du plus grand nombre de km2 de pêche après les USA et notre groupe Oceinde développe un élevage de crevettes mondialement reconnu au Mozambique… Il faut arrêter de taper sur les PME françaises et au contraire les aider à se développer et à se financer… Il faut soutenir le risque…

Contact : Nassir Goulamaly (ESC 93), tél. 01 56 81 14 14, nassir.goulamaly@oceinde.com  

 


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