Sophie Leclercq (ESC 85) : «A EMLYON, personne ne dit "c'est irréalisable " !»

Apr 18, 2014

Sophie Leclerq est gérante de SL Consulting, consultante export spécialisée sur le monde chinois.

Depuis qu’enfant, elle a vécu à Singapour avec ses parents, tout ramène irrésistiblement Sophie Leclercq (ESC 85) à l’Asie. Après le retour de sa famille en France, en Rhône-Alpes, ses rêves de jeunesse la guident vers des études de chinois et une licence de sciences économiques. Il lui manque cependant une pratique économique, une connaissance concrète de l’entreprise : elle choisit EMLYON pour les acquérir. « Le diplôme d’EMLYON ouvre énormément de portes, explique-t-elle. J’aime le réseau et j’ai participé au jury 2013 du concours d’entrée à l’école. Mais j’ai aimé aussi que les enseignants sachent m’accompagner dans les voies professionnelles moins conventionnelles qui me plaisaient. Personne ne m’a dit « C’est irréalisable ! »

En 1985, à sa sortie de l’école, la Chine est encore un pays fermé. Elle part néanmoins en « free lance » plusieurs fois en cinq ans, en Asie du Sud-Est pour réaliser des études de marché et développer le business avec des importateurs distributeurs pour des entreprises fabriquant des biens de grande consommation…

Au début des années 90, vous êtes salariée chez Reynolds, la marque de stylos ?

S.L. : Oui, pour y faire, d’ailleurs, le même travail que celui que j’effectuais en indépendante, c’est-à-dire des études de marché et le développement des affaires, mais cette fois sur l’Europe. Mais au bout de trois ans, les envies combinées d’indépendance et surtout de sens dans ma vie professionnelle m’ont entraînée (en 1994-1995) avec Médecins Sans Frontières au Burundi, à la frontière rwandaise. J’avais envie de connaître l’Afrique et j’aspirais à me rendre utile. J’ai été recrutée comme Coordinatrice des ressources humaines et financières et donc je m’occupais aussi bien du recrutement, que de la formation, des budgets ou des litiges. Les circonstances ont voulu que mon séjour coïncide avec le génocide des Tutsis. Ce fut une expérience terrible, très dure…

Mon aventure africaine m’a permis de relativiser les choses, ensuite, dans mes relations avec les entreprises. Plus que jamais, je me suis laissée guider par mon goût de l’aventure et des relations internationales.

Rentrée en France, début 1996, j’ai travaillé pour une filiale du groupe Intermarché spécialisée dans l’embouteillage d’eau et vin. Pendant 2 ans, responsable export, j’ai développé un réseau de distribution en Europe, en Afrique et en Chine, et  mis sur pied l’équipe et les outils « export ».

Puis vos envies d’indépendance reprennent le dessus ?

S.L. Effectivement, au début des années 2000, je reprends une activité en « free lance » et je travaille comme « apporteur d’affaires » dans le domaine des biens de grande consommation, par exemple pour des clients chinois de la Chambre de commerce et d’industrie française de Hong Kong. De plus en plus d’entreprises chinoises sont désireuses de trouver des partenaires français.

Parallèlement, je donne cours à un projet personnel qui me tient à cœur depuis longtemps et j’écris un récit sur l’autisme profond (1). J’ai un frère autiste qui n’a pas accès au langage et je pense qu’il y a en France une grande méconnaissance de ce handicap.

En 2014, je donne un nouveau souffle à mon activité en direction de la Chine en travaillant pour une entreprise leader sur le marché du bigdata en Chine, partenaire de SFR, et qui crée une plateforme de vente en ligne B to C pour des marques françaises et européennes qui s’orientent vers le marché chinois. Là également, je travaille comme apporteur d’affaires. J’ai l’intention de repartir en Chine dans quelques mois pour développer une clientèle destinée  à des petits producteurs de cognac. J’aimerais faire croître ce marché dans la région ouest du pays, notamment dans le Sichuan.

Qu’aimez-vous particulièrement en Chine ?

S.L. J’ai l’impression d’avoir deux vies ! En Chine, j’oublie ma vie française ! L’Asie évolue à une vitesse phénoménale, c’est passionnant. Les asiatiques sont très ouverts aux rencontres. Mais j’aime aussi ce challenge de développer le business pour les entreprises françaises. La jeune génération française est moins frileuse que ses aînés, plus ouverte. Depuis 2005, via le Club Chine d’EMLYON, je rencontre des jeunes français et des jeunes chinois, qui voient surtout les côtés positifs des deux cultures. Ce partage d’expérience, cette curiosité pour le monde sont épatants !

Contact : Sophie Leclercq (ESC 85), tél. +33 6 63 55 01 47, sophie.leclercq.2013@gmail.com

(1)« Mon frère, cet étranger » aux éditions L’Harmattan.

 


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