Eric Bellion, futur participant au Vendée Globe 2016

Jun 11, 2014

« En participant au Vendée Globe, je veux prouver que la différence est une source de performance et d’innovation ».

A 38 ans, Eric Bellion (ESC 2001) a décidé de se lancer dans un nouveau défi : participer au Vendée Globe 2016. Excellent skipper, il est également formateur en management handicap et diversité, et consultant en mécénat et communication. Il n’en n’est pas à sa première aventure : Kifouine, Défi Intégration, Team Jolokia, c’est lui…

Entre 2003 et 2006, sur Kifouine, un voilier de 8,60 m, il avait réalisé avec deux copains d’EMLYON, un incroyable tour du monde qui a associé 45 handicapés moteur cérébraux à l’aventure. Par groupe de cinq, ils ont rejoint l’équipage pendant quinze jours aux escales successives aménagées autour de la planète.

Parallèlement, Eric Bellion fait également du fund raising pour des ONG.

Depuis ce tour du monde, tous vos projets ont associé la navigation et l’éloge de la différence ?

E.B. : Tout a commencé par les hasards de la vie. Sur Kifouine, nous avons voulu partager la chance que nous avions à 26 ans, de partir autour du monde, en réalisant notre rêve de gosse. Enfant, j’avais souffert d’entendre mon père bègue, me raconter le comportement des autres, les injustices, les brimades. Je ne supporte pas ce côté insupportable des cases où l’on place chacun pour se simplifier la vie. On passe à côté de choses essentielles et de gens fabuleux… Donc depuis quinze ans, j’ai voulu démontrer que l’on est plus fort lorsqu’on va chercher la différence

Après Kifouine, ce fut Défi Intégration en 2007 avec ce défi d’un équipage composé pour moitié de marins handicapés et pour moitié de marins valides. Cela suppose de repenser l’aménagement du bateau qui doit être accessible à tous, partout. Il est donc nécessaire de trouver, d’inventer des solutions dans les domaines matériels mais aussi humains. Et l’expérience nous a appris qu’on trouve toujours des solutions. Défi Intégration et sa course entre Lorient et l’île Maurice nous a pris 3 ans entre la préparation, la recherche de partenariats et la course elle-même. Ensuite, à partir de 2012, avec mon coéquipier non-voyant Olivier Brissé et une vingtaine d’équipiers d’âge, de sexe, de handicaps, de milieux sociaux et culturels différents, nous avons participé à de nombreuses courses, sur un autre bateau, Team Jolokia. Un mélange peu courant dont le but est de prouver aux entreprises que la diversité est une valeur ajoutée.

Quel rôle a joué EMLYON dans ces défis successifs ?

E.B. : Un très grand rôle. Sans EMLYON, je n’aurais sans doute pas été capable de réaliser ce parcours. L’Ecole m’a appris à cadrer les projets et m’a permis d’accéder au réseau des diplômés, à commencer par mes deux copains de départ, avec lesquels tout a démarré et auxquels s’est ajouté toute une bande d’anciens de l’Ecole. J’aimerais beaucoup embarquer EMLYON dans un partenariat et fédérer aussi quelques grands patrons, des DRH, des Directeurs marketing… ce serait une autre aventure encore…

Vous mettez en avant le rôle des équipes, du collectif, mais paradoxalement, le Vendée Globe est une course en solitaire ?

E.B. : Le Vendée Globe, c’est trois mois de mer pour trois ans de préparation. Je forme depuis des années des équipages de femmes et d’hommes, tous différents. L’idée est d’appliquer maintenant cette démarche de performance à vingt entreprises pionnières de l’innovation humaine. Pendant ces années de préparation à la course, ces vingt entreprises vont réaliser leur « Vendée Globe de l’humain » et s’enrichir de leurs différences. C’est pour les embarquer avec moi que j’ai créé le jeu managérial « Comme un seul homme ». Depuis neuf ans que j’effectue des interventions dans des entreprises, j’ai constaté que des sujets comme l’égalité, la diversité, le handicap, la convivialité et l’esprit d’équipe ne passionnent pas les foules. L’idée de ce Vendée Globe c’est de proposer un projet attrayant et ludique qui fédère les collaborateurs autour de l’amélioration des rapports humains.

Sur l’eau, seul pendant trois mois, je ferai de mon mieux pour être le symbole de leur unité. Pour moi, le Vendée Globe est une vitrine géniale pour mettre en avant toutes ces réflexions sur le rapport à soi, le rapport aux autres, la découverte du monde…Et comment l’on peut mieux vivre ensemble. 

Contact : Eric Bellion (ESC 2001), tél. 06 77 69 31 29, eric.bellion@americom.fr

 


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