Alexandra Isvarine (MBA 92), apicultrice : «Soyez vous-mêmes et cultivez vos amitiés EMLYON »

Jul 21, 2014

Docteur en biologie et absorbée par son métier de chercheuse biologiste, Alexandra Isvarine (MBA 92) a longtemps vécu loin du monde de l’entreprise et des courbes de chiffre d’affaires. Mais le monde de la recherche, « peu réceptif  à ceux qui ne sont ni médecins ni pharmaciens », explique-t-elle, déçoit cette personnalité exigeante. Un ami diplômé d’EMLYON, Dominique Richit (MBA 86)  l’encourage à tenter le MBA. C’est ce qu’elle fait.  « L’année du MBA a été géniale ! Elle m’a ouvert les yeux sur un monde que je ne connaissais pas : celui de l’entreprise ».

Au fil d’un parcours peu commun, elle affine son expertise et ses apprentissages,  guidée par une volonté : trouver une voie professionnelle qui lui permette d’être en accord avec elle-même et de se situer dans une cohérence globale de vie.

Aujourd’hui à 54 ans, elle est apicultrice « bio », spécialisée dans la production de gelée royale et s’est installée à Loriol (Drôme) où elle développe l’innovation (notamment dans le packaging). Elle pense même à une gamme cosmétique. En décembre 2013, elle a reçu le 1er Prix « Créatrices » de l’association Forces Femmes.

Votre parcours est bien singulier. Comment passe-t-on de « chercheuse en biologie » à apicultrice ?

A.I. : Le chemin n’est pas si éloigné qu’il peut sembler de prime abord. C’est à la fois l’aboutissement d’une maturation professionnelle, d’événements personnels et de circonstances qui s’y sont prêtées. Et plus on approfondit le monde complexe et extraordinaire des abeilles, plus la biologie et l’apiculture se révèlent proches. J’ai commencé à travailler dans des laboratoires pharmaceutiques (analyse, études, stratégie) et j’étais membre du Comité de Direction de 3M Pharma lorsque le labo a disparu. Je me suis retrouvée « sur le carreau » à un peu plus de 40 ans. J’avais  travaillé un peu partout dans des labos à Marseille, Montpellier, Paris… Je faisais partie des gens qui n’ont jamais vraiment travaillé leur réseau et ma vocation première était d’être chercheuse. Donc je ne me sentais pas faite à priori pour créer mon emploi et mon entreprise.

Qu’est-ce qui a provoqué le déclic ?

A.I. : A la suite de ma perte d’emploi chez 3M Pharma et devant l’impossibilité de retrouver un poste, j’ai décidé de laisser sa chance à l’aventure et de faire quelque chose dont je rêvais depuis longtemps : partir en Grèce. J’ai toujours eu une histoire particulière avec la Grèce, je suis helléniste depuis l’âge de 10 ans et j’appartiens à la communauté hellénique de Lyon. Mais, je me suis vite rendu compte qu’à Athènes, je ne pourrai pas ouvrir le restaurant que je voulais, comme je le voulais. Lorsqu’en  Crète, cette île grecque qui occupe une position stratégique entre l’orient et l’occident, j’ai rencontré un apiculteur qui m’a initié à son métier. Ce fut une révélation ! J’ai décidé de me consacrer à la production de gelée royale. J’ai fait des allers retours  avec la France pour me former, puis définitivement pour m’installer à Loriol, où j’ai 75 ruches, dans les collines alentours en « bio ». Aujourd’hui, je souhaiterais m’associer, mais il est difficile de trouver le partenaire qui est sur la même longueur d’ondes que vous.

Toute la gelée royale vendue en France, vient pour l’essentiel de Chine. Elle est traitée aux antibiotiques, et a été lorsqu’elle arrive, congelée et décongelée plusieurs fois. Les difficultés des apiculteurs et l’effondrement des colonies d’abeilles ont plusieurs causes concomitantes, mais on est sûr que les insecticides et les graines enrobées sont une partie du problème. Et la manière dont on traite les abeilles, notamment aux Etats-Unis et en Chine est une pure aberration.

A ce point particulier de votre parcours atypique, quels conseils pourriez-vous donner aux jeunes diplômés d’EMLYON ?

A.I. : D’abord être le plus possible en accord avec eux-mêmes, même si certains parviennent mieux que d’autres à compartimenter leur vie. Aujourd’hui, je suis sur un projet qui me permet de fondre en une seule activité, mon activité de biologiste, ce que j’ai appris à EMLYON et mon expérience professionnelle : je suis à la fois dans la production et dans la mise en œuvre d’une vision commerciale spécifique qui tienne la route. Et si je n’ai pas réellement travaillé mon réseau, je dois dire que des camarades de promo comme Laurence Faller*, qui a financé une partie mon projet ou Christine Georges qui, avec son époux avocat, me soutiennent dans les aspects juridiques, se sont avérés déterminants dans l’existence de mon activité. Donc, un conseil aux jeunes, cultivez vos amitiés EMLYON…

Contact : Alexandra Isvarine (MBA 92), tél. 07 70 15 27 42, alexandra.isvarine@free.fr

*EMLYON FOREVER a tristement appris en mai 2014 le décès de Laurence Faller (MBA 92) à l’âge de 47 ans, emportée par une crise cardiaque. Vinificatrice de renommée internationale, elle a, avec l'aide de sa mère Colette et de sa sœur aînée Catherine, activement contribué à conforter la notoriété du domaine familial Weinbach de Kientzheim (Haut-Rhin). Le domaine Weinbach a obtenu ces derniers mois les prestigieuses notes maximales dans la Revue des vins de France et les guides Parker, Bettane et Desseauve, et Gault et Millau.


 

Cookies help us deliver our services. By using our services, you agree to our use of cookies.