Michaël Zazoun (ESC 2005) : « J’étais pharmacien, EMLYON a fait de moi un entrepreneur »

Oct 30, 2014

A 38 ans, Michaël Zazoun (ESC 2005), créateur de MaPharmacie témoigne d’un itinéraire peu commun. S’il reconnaît volontiers que son cœur d’activité est bien la pharmacie, il ajoute très vite, qu’il a besoin d’une fenêtre sur l’extérieur. C’est ainsi que depuis des années il combine une vie trépidante d’entrepreneur (il a aujourd’hui 2 pharmacies à Paris et une 3ème en projet) et une vie d’animateur radio-télé (chroniqueur sur les problèmes de santé), notamment sur Virgin Radio.

On sent vite, en effet,  que ce pharmacien bouillonnant d’énergie et d’idées, attiré par l’entrepreneuriat mais également séduit par l’idée de faire pénétrer l’art contemporain dans ce milieu conservateur, a dû éprouver souvent le besoin de s’évader d’une profession aux contours un peu figés. « En 5ème année de pharmacie, explique-t-il, je trouvais le diplôme de pharmacien trop hermétique à d’autres disciplines…J’étais attiré par une formation en école de commerce et EMLYON m’a permis de développer mon « côté entrepreneur ».

Vous êtes un pharmacien qui sort des sentiers battus ?

M.Z. : Oui, on peut dire cela. Même si je fais très attention à ne pas trop bouleverser les codes « pharmacie » car les clients doivent se sentir en sécurité. Lorsque j’ai ouvert ma première officine à Bastille, en janvier 2008, José Levy, designer d’art contemporain réputé a été excité par ce projet d’une nouvelle présentation d’un commerce de proximité et a accepté par amitié de plancher sur ce nouveau concept. Le pari consistait à en faire un lieu moderne, à la déco renouvelée sans pour autant effrayer la clientèle ;  ainsi est née « MaPharmacie » (la marque est déposée). Loin d’avoir été déroutés, les habitués ont apprécié. Après les travaux, le chiffre d’affaires a augmenté de 40% en quelques mois. Ultra-réglementé, le secteur de la pharmacie s’est jusqu’à maintenant battu sur le seul terrain des prix avec la montée du discount. Moi, je préfère me différencier par le haut grâce au design, ce qui ne m’empêche pas de proposer du lait maternisé à prix coûtant pour attirer les jeunes parents. Mais au moment-même où j’ouvrais cette pharmacie, j’étais retenu par France 5 pour assurer une rubrique sur la santé, ce qui m’occupait dix jours par mois. Autant dire que mon emploi du temps a vite tourné à la folie ! Au bout d’un an j’ai arrêté en partie la télé pour me consacrer un peu plus à la pharmacie, mais c’était la première fois qu’on confiait une animation à un pharmacien qui parlait de son cœur de métier.

Aujourd’hui, vous avez ouvert une seconde pharmacie et vous projetez d’en ouvrir une troisième dans les deux ans ?

M.Z. : Oui à la rentrée 2013, 5 ans après la première, j’ai ouvert le second établissement de « MaPharmacie », rue du Faubourg du Temple, près du Canal Saint-Martin, sur le même concept et la même déclinaison graphique que le premier. A cette occasion, j’ai pu refaire un véritable parcours du combattant dans ma recherche de financement auprès des banques, car elles trouvaient la création de ma première pharmacie trop récente : j’ai eu 7 ou 8 rejets de banques différentes. Ce fut un combat permanent pendant 5 mois. J’apportais 15% de la somme de départ et finalement  la BNP m’a suivi. J’avais vu 10 banques ! Donc j’ai envie de dire aux candidats entrepreneurs, ne vous laissez pas décourager, faites le tour des banques, faites le nombre de courriers et de dossiers nécessaires jusqu’à ce que l’une d’elles vous suive. Nous sommes aujourd’hui dix personnes et j’ai une associée dans la pharmacie du Canal Saint-Martin. Mon objectif est effectivement d’ouvrir une troisième officine dans les deux ans.

Que pensez-vous de la vente de médicaments dans d’autres lieux que les pharmacies, comme cela semble se dessiner actuellement ?

M.Z. : Dans les décennies précédentes,  les pharmaciens étaient trop protégés mais aujourd’hui on est en train de passer à un excès inverse. Dans quelques années on se retrouvera dans la situation des Etats-Unis où l’on vend des médicaments n’importe où. Et pour le coup, même en étant un pharmacien un peu « original », je ne trouve pas que ce soit une bonne chose. Le médicament est un produit particulier qui nécessite certaines précautions.

Contact : Michaël Zazoun (ESC 2005), michaelzazoun@gmail.com

 


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