Les "Happy Few" des chaines de montage d'Airbus A350 et A380 ...

Nov 27, 2014

Grâce à Eric NEGRO, le correspondant EMLYON sur Toulouse, nous avons pu accéder ce vendredi 7 novembre matin aux installations très sécurisées d’Airbus. Sur la région, Airbus emploie directement 15000 employés et le double en sous-traitants.

Un petit groupe de 11 anciens diplômés de l’école a ainsi pu découvrir les unités d’assemblage final des fleurons du groupe Airbus, avec notamment l’A380 et un dernier né l’A350.

Après avoir communiqué en amont nos identités, puis montré patte blanche à l’entrée, nous avons pu accéder aux immenses hangars où bien entendu tout n’est que démesure. 
Ce qui nous a tous frappé c’est la propreté et le silence des lieux.


L’A380 est aujourd’hui le plus gros avion civil de transport de passagers en service. Il peut transporter de 525 passagers (si 3 classes proposées) à 850 passagers (si classe économique unique).
Son poids à vide est de 270 tonnes ; il a besoin de 2,7km de piste pour décoller.
Son rayon d’action est de 15000 km, ce qui lui permet de rallier New York à Hong Kong sans escale. 
Les dimensions sont simples à retenir : 80m long x 80 m large x 80 pieds de haut (24m). De par ses caractéristiques, ce géant volant ne peut se poser que dans 20% des aéroports mondiaux.
Tout le carburant, présent dans la voilure, représente 125 tonnes par aile. Sa consommation est de 3L / 100 km / passager.

Nous avons ainsi pu admirer l’unique poste d’assemblage final de l’A380, présentant 5 étages où évoluent les compagnons. 
Les 6 parties assemblées à Toulouse proviennent de différents pays européens, tels St Nazaire en France pour les tronçons, Bristol en Angleterre pour les ailes et le sud de l’Espagne pour l’empennage.
Au total, l’A380 est composé de 2,5 millions de pièces élémentaires !
Un des points forts de cet avion est son silence en vol : tout a été pensé pour réduire au maximum l’impact décibels ; à ce titre le critère acoustique au niveau des portes est un sujet prioritaire, qui a fait l’objet de nombreux ajustements par les bureaux d’études.

Une fois assemblé, les moteurs montés, et les tests hydrauliques et électriques réalisés, l’avion, qui ne possède pas encore son habillage de sièges, va alors s’envoler pour l’atelier peinture à Hambourg en Allemagne.

Malgré un carnet de commandes plein pour les 7 années à venir, le programme A380, lancé fin 2000, n’est toujours pas rentable. Hormis l’amortissement du programme, ce sont les nombreux retards de production et donc de livraison, conduisant parfois à des indemnités financières, qui expliquent cette situation.
L’objectif pour l’année 2015 est d’atteindre enfin le point d’équilibre.


Nous avons eu la chance de voir 2 appareils A350, dont la caractéristique principale est d’être en structure exclusivement composite, donc plus légère que celle de l’A380. Les bouts de ses ailes, les winglets, sont sensiblement incurvés, ce qui permet de réduire la traînée induite par la portance.
Cet avion gros porteur a effectué son 1er vol d’essai à l’été 2013 et a obtenu sa certification en septembre 2014, conformément au calendrier prévu par Airbus.

Après les améliorations sur les matériaux composant l’appareil, les prochains défis pour Airbus se situent au niveau des moteurs (objectif : économiser -15% en consommation de carburant) puis au niveau des systèmes d’alimentation : remplacer l’hydraulique par le tout électrique.


La période de concentration des ressources au niveau des bureaux d’études s’achève ;
Désormais, tout l’enjeu court terme d’Airbus est de délivrer son carnet de commandes et d’assurer le calendrier de production.
Comme dans plusieurs grands groupes, les financiers investissent davantage la gouvernance chez Airbus, une évolution qui peut inquiéter les personnels de techniciens et bureaux d’étude.

Avec l’arrivée d’un 3ème entrant sur le marché mondial, le chinois Comac, prévoyant ses 1ères livraisons pour 2018, l’enjeu pour Boeing et Airbus est de garder leur avance technologique pour assurer les prochaines innovations de rupture, mais ce pas avant la prochaine décennie.


La visite du site s’est achevée avec brio puisque après ces deux heures de visite, nous avons été invités dans un salon privé du restaurant le Sky, et ce grâce à Maxime DUCOUTUMANY, ancien de l’école et responsable régional chez Sodexho.

Au vu du nombre de personnes qui avaient manifesté leur intérêt pour découvrir le site Airbus Toulouse, le réseau Aquitaine envisage déjà une 2ème visite l’an prochain.

 

Sigolène ROUSSEAU (MSc 1991)


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