Charles-Antoine Poncet (MS 2008) : « Ma formation à EMLYON m’a permis de décoller d’une vision technique pour élaborer des outils financiers de lutte anti-terroriste »

Dec 01, 2014

Parcours à la fois singulier, et pourtant simple au fond,  que celui de Charles-Antoine Poncet, officier des systèmes d’information du Centre de lutte anti-terroriste de l’ONU, à New York : à 31 ans, il est aujourd’hui Officier des systèmes d’information au sein du Centre de lutte anti-terroriste du Département des Affaires Politiques des Nations Unies (ONU), à New York.

« Je fournis les outils informatiques qui aident ce centre de lutte à appliquer les décisions prises par l’Assemblée générale de l’ONU, dans ce domaine, explique-t-il. Alors que j’avais une formation d’ingénieur informatique (obtenue en France et en Suède), le mastère spécialisé à EMLYON a été une opportunité magnifique d’approcher les finances de l’entreprise. Cette formation me donne une légitimité pour fournir des outils financiers de lutte contre le terrorisme et m’a permis de prendre un peu de distance par rapport à la technique informatique ».

Concrètement, comment se traduit votre intervention dans un domaine aussi sensible ?

C-A. P. : Actuellement, par exemple, je suis en train d’élaborer un système d’information qui permettra un partage d’informations entre les différents pays concernés comme c’est le cas pour le Sahel et la Syrie en ce moment. Ces échanges s’avèrent souvent plus que délicats et un logiciel adapté facilitera les choses et fera gagner beaucoup de temps.

Le Département anti-terroriste a été créé à l’ONU après le 11 septembre 2001. Il était nécessaire de disposer d’un organisme crédible en matière de sécurité des données. L’ONU dispose, pour chaque pays important, d’une Agence anti-terroriste, encore faut-il que les informations parviennent à circuler – d’une manière sûre – entre les différents pays et l’Agence centrale, voire même lorsque c’est utile, entre les pays eux-mêmes.

Comment passe-t-on d’EMLYON à la lutte anti-terroriste au sein de l’ONU ?

C-A. P. : Dans mon cas, par hasard ! En 2008, je suis sorti d’EMLYON alors que la crise financière battait son plein et les recrutements en finances d’entreprises avaient fortement diminué. J’ai alors trouvé un poste chez Murex, une société spécialisée dans le développement de logiciels informatiques de gestion du risque destinés aux marchés financiers. Au bout d’un an j’ai fondé ma propre entreprise de création d’algorithmes pour la finance, mais au bout de deux ans, j’ai arrêté l’expérience et j’ai accepté un poste à Genève, dans une banque privée, EFG Bank… Je travaillais dans une zone assez proche des bâtiments de l’ONU et des connaissances m’ont informé des recrutements en cours, notamment dans le domaine des systèmes d’information. J’ai posé ma candidature. Le processus de recrutement a duré presque 2 ans dont quatre mois d’intenses vérifications en tout genre. J’ai été retenu.

L’ONU est un univers particulier d’une façon générale mais plus encore pour une activité professionnelle.  Nous sommes confrontés à des situations très différentes, avec des personnes d’origines et de cultures différentes… C’est très particulier. C’est même un monde en soi au sein de New York. Avec la quantité phénoménale d’accords, de partenariats entre pays qui sont signés, j’ai l’occasion de mettre en œuvre les qualités qu’on nous encourageait à développer dans le domaine des fusions-acquisitions à EMLYON : se donner à fond et être actif en permanence ! Par ailleurs, sans ma formation à EMLYON, je n’aurais jamais eu la légitimité nécessaire pour travailler dans l’échange de ces informations. La finance est l’un des piliers dans la lutte contre le terrorisme.

Avez-vous conservé des contacts au sein du réseau d’EMLYON ?

C-A. P. : Hors quelques amis, très peu malheureusement, faute de temps et de disponibilité. Mais j’ai envie d’attirer l’attention des jeunes qui sont à EMLYON aujourd’hui sur un point : surtout ne  négligez pas le stage qualifiant, il détermine tout ce que vous ferez ensuite. Concentrez-vous et centrez-vous sur ce que vous voulez faire. Ne prenez pas n’importe quel stage juste  parce qu’il faut prendre un stage. Sinon vous perdrez un temps précieux !

Contact : Charles-Antoine Poncet (MS 2008), tél : +1 646 431 6474, poncet@un.org   

 

Cookies help us deliver our services. By using our services, you agree to our use of cookies.