Les Matinales de la Transformation d’EMLYON Business School en partenariat avec ManpowerGroup et Le Figaro Économie

Jul 01, 2015

Robolution : quels impacts sur les entreprises et les métiers de demain ?

 

8h30 le 9 juin, Paris - salons du Plaza Athénée. Un parterre de chefs d’entreprise et managers est présent pour assister à la conférence de Bruno Bonnell, Président de Robolution Capital et Président du Conseil d’Administration d’EMLYON. Le thème de cette deuxième édition des Matinales est l’impact de la révolution robotique, ou « robolution » selon le néologisme inventé par Bruno Bonnell pour la définir, sur les entreprises et les métiers de demain.

 

Bernard Belletante, Directeur général d’EMLYON, ouvre la conférence en définissant Bruno Bonnell comme un « connecteur, un homme pour qui les rapports humains sont essentiels et qui a l’art de connecter la technologie et les gens ».

 

Qu’est ce qu’un robot ? 

 

Bruno Bonnell débute son intervention par la définition du robot. A l’opposé des visions transhumanistes, il considère le robot comme une machine savante, dotée de trois caractéristiques principales : des capteurs (de son, de distance, …), des processeurs ou logiciels - lui permettant de prendre des décisions en fonction des paramètres enregistrés par ces capteurs - et des activateurs, c’est à dire des moteurs, des bras ou des jambes articulés et autres roulettes.

 

Pourquoi la question de la robotique est-elle importante ?

 

Avec humour et sans détour, Bruno Bonnell rappelle à l’assistance que la révolution robotique est déjà là et que nous n’avons pas le choix.

Il prend l’exemple de modes de transports automatisés sans chauffeur actuellement testés à l’échelle d’un quartier. Selon lui, les conséquences de cette évolution technologique sur l’emploi seront majeures. A terme, le modèle économique classique du marché de la voiture individuelle peut disparaître. Si l’on reste dans le secteur automobile,  certaines usines sont déjà entièrement robotisées. L’entrepreneur cite le cas d’une usine au Japon dans laquelle on compte 5 000 robots pour 1 500 ouvriers.

 

 

43% des métiers actuels vont disparaître

 

Alors à la question, la robotique va-t-elle tuer des emplois ? Bruno Bonnell répond clairement oui. Selon les estimations des chercheurs, 43% des métiers actuels vont disparaître.

Mais il rappelle qu’il en a été de même lors de la révolution industrielle et que la technologie crée aussi des emplois. Un glissement lent et progressif va se faire vers de nouveaux métiers. Ainsi, l’utilisation du cheval en tant que mode de transport a mis 50 ans à disparaître à l’avènement de la voiture). Pour avoir une vision plus réaliste de l’impact de la robotisation sur les métiers, le Président de Robolution Capital insiste sur l’importance de l’analyser globalement, au niveau d’un écosystème, plutôt que d’en segmenter les effets.

 

La formation pour éviter le décrochage numérique

 

Pour accompagner la révolution numérique, Bruno Bonnell recommande aux entreprises de donner du temps à leurs collaborateurs pour se former. D’après lui, le risque principal se trouve dans le décrochage numérique.

La formation joue donc un rôle capital dans la transformation des organisations. Elle peut également nous aider à lutter contre trois peurs ancestrales relatives au robot. La première est la peur animale, celle de la chair contre le métal. Il y a ensuite la peur sociétale qui lie la robotisation à la disparition de l’emploi. Enfin, la peur identitaire est, quant à elle, conditionnée par la transformation du monde du travail engendrée par la robotisation. L’homme ne se définira plus seulement par rapport au travail comme cela a été le cas au cours des siècles.

 

Visionnaire, Bruno Bonnell conclut son intervention en affirmant que la révolution numérique ouvre l’ère d’un nouveau modèle économique : de même que le capitalisme est né avec la révolution industrielle, de même la révolution numérique nous conduit vers un âge nouveau, celui de l’ « entrepreneurisme ».


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