Le dîner-débat du Cercle des dirigeants sur le reverse mentoring

Feb 04, 2016

Et si nos organisations tiraient parti de leurs diversités générationnelles ? C'était le thème du dernier dîner débat du cercle des dirigeants qui a eu lieu le 1er février 2016 à Lyon en présence de Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France et Helene Tixier, responsable du département marketing digital monde chez Sanofi Pasteur. Le débat était animé Par Benjamin Camard, étudiant du programme I.D.E.A. d'EMLYON et Centrale Lyon.

Au programme, le mentorat inversé en action pratique, avec un étudiant EMLYON par table et une application sur Twitter. Pour la première fois dans l’Histoire, cinq générations cohabitent, dont quatre au travail. Les baby-boomers, a priori moins « branchés » que les X (axés logiciels, jeux…), Y (réseaux) ou Z (digital natives), semblent paradoxalement encore plus motivés que les trentenaires.

Comme chez les singes capucins ou les chimpanzés, information et apprentissage se conjuguent plus facilement avec leader ouvert et enthousiaste, hiérarchie tolérante, reconnaissance de la compétence quel que soit le statut, relations stabilisées socialement, expatriation dans un autre milieu (sortir du territoire pour se mettre en posture d’apprentissage), prise de risque par essai / erreur (périphérie, situations de survie, non-conformité… étant propices aux innovations de rupture).

Dans l’entreprise, on retrouve les mêmes facteurs clés de succès avec, en plus, zéro relation hiérarchique entre mentor et mentoré - futurs ambassadeurs du process -, test and learn, correction rapide de l’erreur, appropriation de l’incertitude (promesse sur l’inconnu), approche collaborative, recherche et révélation des compétences cachées, co-évolution, diversité et modularité pour fixer l’innovation, sélectionner et développer les pratiques.


Sanofi Pasteur
expérimente depuis quatre mois, avec succès et patience, un programme de mentorat inversé.
Groupe pilote : comité exécutif des opérationnels commerciaux internationaux, avec une vingtaine de duos mentors/ mentorés. Introduire la diversité, choisir les key performance indicators, segmenter, customiser, faire émerger l’innovation, la capter, la développer, faire évoluer la maturité digitale jusqu’au top management demande du temps, particulièrement dans le domaine de la Santé. Mais les résultats sont encourageants : plus d’une heure, en moyenne, pour la première rencontre entre mentor et mentoré et feedback aussi largement positif pour les deux.


Comment répondre aux questions structure / fluidité, innovation technique / innovation sociale, inertie des individus / des structures, organisation / culture et valeurs, théorie / comportement… ?

Il a fallu 50 ans pour que tous les macaques imitent la première femelle lavant ses patates douces dans la rivière et dans la mer… Chez les humains, les sociétés Nord-américaines acceptent plus volontiers que les européennes les compétences techniques des femmes. Gageons que cette évolution va s’étendre et s’accélérer !
Selon certains, 2016 sera une année décisive : les entreprises non digitalisées n’existeront plus en 2025. Prochaine étape : ubérisation et robots cognitifs… Le reverse mentoring ne se limiterait pas à la diversité générationnelle mais s’ouvrirait à l’inversion des statuts hiérarchiques et des niveaux de développement, pour les hommes comme pour les pays...

 

Article de Christine BISCH.

 

*Prochains dîners-débats le 4 avril sur Sagesse et intelligence émotionnelle et le 4 juillet sur Erreur et création de valeur.


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