Laurent Cruveillier : « A emlyon, on apprend à aller au bout de ses envies »

Feb 26, 2018

Alors qu’il aurait pu mener une « carrière toute tracée », Laurent Cruveillier (Programme Grande Ecole - 1989), s’est reconverti dans la restauration d’œuvres papier suite à un accident de la vie. Il vit aujourd’hui à Londres où il travaille au Lycée international. Un changement radical et pourtant emlyon business school lui sert encore aujourd’hui dans cette nouvelle activité. Présentations….

Pourquoi avoir étudié à emlyon business school ?

J’ai toujours été intéressé par la culture. En intégrant une école de dimension internationale, c’était la façon la plus culturelle d’aborder le management.

Mais ce n’était pas vraiment ta vocation…

Non, pas vraiment :) Depuis mes 12-13 ans, je rêvais d’être restaurateur d’œuvres d’art. Mes parents m’ont un peu poussé à mener des études de commerce et emlyon c’est quand même la meilleure école dans ce domaine. Mais après un accident de la vie grave, j’ai eu besoin de faire ce qui me rendait vraiment heureux. J’ai repris les études et je me suis formé à la restauration du papier.

Qu’as-tu retenu de ces années à emlyon business school  ?

Une manière de structurer ma pensée. On nous apprend à décortiquer un problème de façon très méthodique. A l’époque je n’avais pas l’esprit entrepreneur. L’école permet de grandir et donne cette envie de vaincre, d’aller au bout de ses envies. Tout me sert encore aujourd’hui. Par rapport aux universitaires que je côtoie, quand je m’intéresse à un sujet, je réalise un véritable benchmark, je contacte aussi davantage de personnes. D’une certaine façon, je mène mes projets comme un entrepreneur.

Pourquoi le domaine de la restauration papier ?

D’une part c’est un métier manuel qui demande beaucoup d’habilité, comme pour un chirurgien la précision du geste est vitale. D’autre part, j’aime partager les connaissances, la notion de patrimoine est très importante pour moi. En parallèle des livres et du papier, je m’intéresse aussi de près à la reliure. C’est un monde fascinant, au contact de papiers et livres rares mais aussi de photographies. J’ai pu manipuler des dessins de Michel-Ange, étudier Raphaël au microscope, un ouvrage certainement utilisé par Shakespeare ou encore des dessins de Roy Lichtenstein !

Un journaliste français a récemment publié un ouvrage sur les diplômés, de plus en plus nombreux, qui quittent le monde de l’entreprise pour les métiers manuels, cela vous inspire quoi ?

Assez logiquement, les enfants se conforment aux injonctions de la société mais aussi de leurs parents. En France particulièrement, il existe des filières « royales » censées mener les étudiants vers une future carrière. C’est un peu oublié l’individu… Certains sont plus cérébraux, d’autres plus manuels mais ce qui compte c’est l’épanouissement de chacun. Il est dommage de ne pas inciter les jeunes à réaliser leur vocation. Un autre facteur pèse certainement aussi aujourd’hui sur les reconversions professionnelles : les fameuses carrières annoncées ont de moins en moins tendance à se réaliser et les salaires ne sont plus toujours à la hauteur des espérances. Cela peut amener à vouloir faire quelque chose qu’on aime plutôt que de poursuivre dans une voie où l’on n’est pas épanoui.  

Demain, comment tu te vois ?

Je me verrais bien être restaurateur à mon compte, entouré d’une petite équipe, travaillant pour une clientèle la plus large possible. Et pourquoi ne pas mener des recherches dans un laboratoire ? Bref, devenir une sommité du papier ! ;)

Tu vis à Londres, ton sentiment sur le Brexit ?

 Je suis assez attristé de la situation, on sent comme un repli sur soi, les étrangers disent être moins bien accueillis et forcément cela pose des questions pour la suite. Il y a beaucoup d’incertitudes…

Laurent Cruveillier: "At emlyon, we learn to see our dreams through"

While he could have followed a career path already laid out for him, Laurent Cruveillier (MSc in Management - 1989), switched career paths to move into the paper restoration business, following a life-changing accident. He now lives in London, where he works at the International High School. Despite this radical change, he says what he learned at emlyon business school still serves him today.

Why did you study at emlyon business school?

I was always interested in culture and joining an international school seemed like the best way to take a cultural approach to management.

But it was not really your vocation.

No, not really :) From the age of 12-13, I dreamt of restoring of works of art. My parents pushed me to study business and emlyon is, it has to be said, the best school in this area. But after a serious accident, I needed to do what made me really happy. I went back to school and trained in paper restoration.

What do you remember from those years at emlyon business school?

A way of structuring my thoughts. We were taught to dissect a problem in a very methodical way. At the time I did not have the entrepreneurial spirit. The school enables you to grow and gives you the desire to win, and to follow your dreams. Everything I learned there still serves me today. In terms of the academics I work with, when I am interested in something, I make it a benchmark, I also contact more people. In a way, I run my projects like an entrepreneur.

What attracted you to paper restoration?

On the one hand it is a manual job that requires a lot of skill, much like a surgeon, accuracy is everything. On the other hand, I like to share knowledge, the notion of heritage is very important to me too. I am also very interested in book binding. It is a fascinating world. To be in contact with rare documents, books and photographs. I was able to work on Michelangelo's drawings, and to study a work by Raphael (probably used by Shakespeare) under a microscope. I have also worked on the works of Roy Lichtenstein!

A French journalist recently published a book about the increasing number of graduates leaving the world of business for manual trades, what do you think about that?

It seems logical. Children comply with society’s norms and their parents’ wishes. In France in particular, there are these "golden" pathways that supposedly lead to a stable and certain future, but we forget about the individual. Some people are more academic, others more manual but what counts is that everyone finds fulfilment. It is a shame not to encourage young people to follow their dreams.  Another factor in deciding to change career paths is that the jobs we were promised at the end of these golden pathways, don’t always exist and the wages are not up to expectations if they do. This will push a person to do something they love, rather than continue on a path where they are unfulfilled.

Where do you see yourself tomorrow?

I would love to work for myself, with a small team, for a diverse set of clients.  And why not become a laboratory researcher; a paper expert! ;)

You live in London, how do you feel about Brexit?

I’m rather sad about it. There is a feeling that the country is folding in on itself. Foreigners feel less welcome and of course, we are worried about the future. There is a lot of uncertainty.

 

 


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