ITW MAKER : Jean-François Carré : « La France a besoin d’un choc de flexibilité, de dynamisme et d’un climat favorable aux affaires ! »

Nov 02, 2016

Après un Mastère Spécialisé Marketing et Management des Services (2001), Jean-François Carré s’est envolé avec son compagnon pour l’Australie. Après un premier salon franchisé Franck Provost, ils dirigent aujourd’hui 10 salons de coiffure sur le territoire. Une véritable « success story » pour ces deux entrepreneurs qui n’ont aucune formation de coiffeur. Et au fait, c’est comment la vie vue Down Under ?

Qu'est-ce qui t'a motivé à monter une franchise Franck Provost en Australie ?

Au départ il s'agissait d'un projet de vie avec mon partenaire. Nous avions découvert Sydney en vacances et lors de voyages d'affaires et nous en étions tombés amoureux. Du coup nous avions envie d'y lancer un projet et de créer une belle entreprise. La franchise était un moyen de réduire les risques d'échecs, en prenant un concept qui a déjà fait ses preuves. Franchise française car c'était un moyen d'apporter notre différence sur le marché australien. Et coiffure car cela touche aux univers de la mode et de la beauté dans lesquels Paris et la France sont réputées. Aucun de nous deux n'est coiffeur à la base d'ailleurs ;)


En 2015, tu avais ouvert 10 salons, comment as-tu fait et où en es-tu aujourd'hui ?

Nous avons ouvert un premier salon vitrine en propre dans le centre de Sydney fin 2008, puis après avoir testé le marché et légèrement adapté le modèle, nous avons fait un premier test avec un partenaire franchisé fin 2010. Suite à ce test concluant, huit autres salons ont été ouverts avec des franchisés ou investisseurs entre fin 2010 et début 2015. Aujourd'hui il y a 23 salons dans le réseau, et au moins deux autres en projet.


Ça fait quoi de s'entendre dire que tu vis une « success story » ?

C'est bien sûr positif et porteur, mais ça fait aussi un peu sourire et relativiser, car une fois qu'on est passé de l'autre côté, on sait tous les problèmes qu'il a fallu surmonter, les défis qu'il faut régulièrement relever, et les risques qu'il faut continuer à prendre.


En quoi ton passage à emlyon business school t'a aidé dans cette aventure ?

Mon passage à l'école m'a permis de m'orienter sur les métiers des affaires, du marketing et de l'entrepreneuriat. La culture de l'entrepreneuriat et de l'international y sont très bien développés.


Tes meilleurs souvenirs d'entrepreneur ?

La première rencontre avec Franck Provost, la conception des nouveaux salons et les jours d'ouverture, les moments de célébration (soirées d'inauguration, soirée annuelle de Noël avec toutes les équipes ...), et aussi le jour où j'ai acquis la citoyenneté australienne !


Et les pires ?

Les problèmes de financement et de trésorerie ... Quand on a l'impression d'être au pied du mur et dans l'obligation de trouver des solutions financières pour éviter de tout voir s’écrouler. Mais aussi les déceptions et les coups bas de certains "partenaires"...


La France vue Down Under ça ressemble à quoi ?

En un mot c'est frustrant ! C'est un pays qui a effectivement à priori tout pour réussir, mais qui ne donne pas l'image d'être parmi les pays les plus dynamiques. Plutôt celle d'un pays qui "a été", et qui est juste une belle destination de vacances parmi d'autres en Europe… Il paraît indispensable qu'il y ait un vrai choc de flexibilité, de dynamisme et de climat favorable aux affaires afin d'attirer l'immigration des talents et l'investissement des entreprises étrangères. Le pays doit être vu comme plus stable, plus dynamique et favorable aux affaires.


Tu as gardé des liens avec les anciens de l'école ?

J'étais avec mon meilleur ami là-bas, et depuis j'ai été assez chauvin en embauchant des emlyens, dont notre actuel "General Manager" !


Si tu devais tout recommencer ?

Je pense que je relancerais un projet similaire. Et maintenant que je suis passé "de l'autre côté", il me paraîtrait difficile de revenir en arrière et être à nouveau employé.


Ta devise ?

On n'a qu'une vie, autant la multiplier ! J'aime avoir l'impression d'avoir eu plusieurs vies, assez différentes les unes des autres.


Demain tu revends tout, tu te lances dans... ?

Alors justement mon partenaire et moi nous apprêtons à vendre une bonne partie de nos parts afin de financer un nouveau projet d'eco-resort aux Maldives. L'objectif est de lancer le premier resort 100% sans émission de carbone au monde. Et il est adossé à l'une des meilleures vagues des Maldives, ce qui plaira à nos amis surfeurs de Sydney !


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