Perrine Boyer : « Etre early makers, c’est choisir sa voie, même si ce choix peut paraître atypique »

Dec 23, 2016

Fraîchement diplômée et après de multiples expériences dans l’économie sociale et solidaire, Perrine Boyer (Programme Grande Ecole - 2016) a créé et développé aujourd’hui Le Filon, un lieu d'accueil co-construit avec et pour les femmes vivant dans la rue. Présentations.


Peux-tu présenter le Filon ?

C’est un lieu – que nous cherchons encore – à destination des femmes vivant dans la rue. L’idée est de créer un environnement bienveillant pour les aider à retrouver leur place dans la société. Cela passe par la création de liens, d’échanges autour de la culture, de soutiens psychologiques, etc.


L’employabilité est-elle une de vos missions ?

C’est une des pistes mais ça n’est pas notre vocation. De nombreuses associations œuvrent déjà dans ce sens. Bien sûr, si le Filon peut aider à trouver un emploi ou des missions de bénévolat nous le ferons. Notre but premier est d’aider les femmes à se reconstruire et retrouver une place dans la société par leurs talents.


Pourquoi monter cette structure ?

J’ai toujours eu une fibre « sociale ». J’ai travaillé dans le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS). C’est en découvrant le monde de la rue et plus précisément la problématique des femmes dans la rue que l’idée a germé.


Quelle est l’ambition de cette association ?

Prouver que les exclus ne sont pas un poids pour la société mais une richesse si on leur donne une chance.


Quels liens entre emlyon business school et le Filon ?

Durant mon parcours au sein de l’école, j’ai suivi un programme généraliste, avec un focus particulier en ressources humaines.* Cela m’a convaincue dans le fait que la gestion des RH devrait être au cœur de la gestion d’une organisation. Aujourd’hui, les associations qui agissent pour le monde de la rue sont bien souvent des mastodontes, au fonctionnement un peu figé, peu propice à l’innovation. Je souhaite apporter mon expertise et défendre ma vision.


Une personnalité qui t’inspire ?

Elles sont nombreuses ! Mais j’ai rencontré un volontaire d’ATD Quart Monde qui m’a marquée. Son discours était empreint d’humanisme, sans misérabilisme. De manière générale, les personnes qui s’engagent m’intéressent. Le projet de Boyan Slat de « nettoyer les océans » me fascine. J’aime la volonté et la détermination.


Si je te dis earlymaker…

C’est choisir sa voie, même si ce choix peut paraître atypique. Aujourd’hui le domaine dans lequel je me lance n’est pas forcément très porteur, et encore moins rémunérateur, mais il est utile et malheureusement il le sera très probablement encore plus dans les années à venir.


Ta devise ?

« Ayez le Filon des grandeurs ». C’est ainsi que se nomme notre campagne de levée de fonds sur la plateforme Hello Asso. Et plus généralement, j’aime l’idée que chacun fasse sa part et s’engage pour la société.


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Perrine Boyer: « an early maker chooses their path, even if it’s an unusual one”


With her degree and vast work experience in social economy under her belt, Perrine Boyer created and developed Filon; a refuge built with and for homeless women.


Tell us about Filon?

It is a space – that we’re still looking for – for women who live on the streets. The idea is to create a safe environment to help them to find their place in society. We do this by creating a relationship with them, discussing culture and offering psychological support etc.


Do you help people to get back into employment?

That is one thing we do, but it isn’t our vocation. There are many associations that do this. Of course, if Filon can help women to find paid or volunteer work, then we do. However, our main goal is to help women to re-create themselves and to find a place in society by enabling them to discover their talents.


Why did you set up this structure?

I have always had a strong social conscience and worked in the social economy sector. When I began to understand about homelessness, and in particular the problems of homeless women, the idea came to me.


What is your ambition for the association?

To prove that marginalised members of society can contribute great things to society if you give them a chance.


What is the link between emlyon business school and Filon?

During my time at the school, I followed a general programme, with a special focus on human resources.* This convinced me that HR management should be at the heart of any organisation. Today, the associations that work to help the homeless are often vast and somewhat stuck in their ways, so not particularly innovative. I want to provide my expertise and defend my vision.


Who inspires you?

Many people! I met a volunteer at ATD Quart Monde who I’ll never forget. Their speech was full of humanity but never maudlin. As a general rule, people who get involved in humanitarian projects interest me. The Boyan Slat “clean the oceans” project fascinates me. I am inspired by good will and determination in people.


What does ‘earlymaker’ mean to you?

It means choosing your path, no matter how unusual. The field I am entering today is not exactly a promising one and it certainly isn’t a lucrative one, but unfortunately it is needed and it looks like it will become increasingly so in coming years.


Your motto?

« Ayez le Filon des grandeurs » (Have delusions of grandeur) – such is the name of our fundraiser on the Hello Asso platform. More generally, I like the idea that each person does their bit for society.

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