Aude Bousser : « Les entreprises doivent être également plus flexibles, plutôt que de contrôler les horaires, ce sont les résultats qui comptent ! »

Feb 17, 2017

Basée à Hong Kong depuis la fin des études à emlyon business school en 1997, Aude Bousser (Programme Grande Ecole) a commencé sa carrière dans le luxe. En 2011, elle saute le pas et crée son entreprise LBB Asia. En 2015, elle cofonde une seconde compagnie : Ubudu Asia, une entreprise choisie avec 4 autres pour le programme d’accélération « Impact China » de Business France et de la BPI France.

En 2013, un article titrait sur votre « success story », ça fait quoi ?

C’est agréable à lire mais je n’ai pas inventé Google ;) Je suis une entrepreneuse prudente : au bout de 15 ans, j’ai diagnostiqué un « trou de marché » car les distributeurs sur la grande Chine étaient en train de disparaitre. Or le marché était prêt pour accueillir les marques dites « Luxe abordable » mais comment se lancer d’Europe quand on n’a pas la connaissance de ce marché ? Le luxe pouvait partir de ces grandes marques pour en lancer de plus petites pas encore présentes en Chine. J’ai donc monté LBB Asia, une société de brand management qui lance et opère sur la grande Chine des marques dans le segment « luxe abordable ».

Comment travaillez-vous au quotidien ?

Depuis 5 ans nous avons lancé plusieurs marques dont Ofee, Blanc des Vosges, Atelier Cologne, David Morris… mais l’autre problème que nous avons rencontré a été la digitalisation accélérée du marché chinois. La Chine a 5 ans d’avance sur le digital par rapport a l’Europe et la plupart des moyens traditionnels de communication et de distribution que nous activions ne marchaient plus, alors on a commencé à creuser, à tester des nouvelles méthodes et, poussé par mon associé Victor Bogey (PGE 2013), j’ai monté une 2e société en 2015 : Ubudu Asia.

Résumez-nous Ubudu en un tweet.

C’est la digitalisation des lieux physiques.

Un après sa création, quel premier bilan de votre entreprise ?

La première année a été difficile. Mais nous avons persévéré, signé un premier contrat qui a permis de nous faire connaître et d’être légitime. Récemment, nous avons été sélectionnés pour « l’Impact China », un programme d’accélération visant favoriser l’implantation de startups françaises en Chine. Même si les jeux ne sont jamais gagnés, nous avons signé des contrats stratégiques et de nombreuses opportunités voient le jour.

Quelle est votre vision de l’entrepreneuriat en France ?

Les choses ont considérablement évolué ces dernières années. Les jeunes ont la volonté de monter leur propre boîte, ils sont beaucoup moins frileux qu’on ne l’était. Ça va changer l’avenir du pays.

Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre ?

J’avais une vision, une idée précise de ce que je pouvais faire et je savais que je tenais un projet disruptif.

Le plus difficile dans cette aventure ?

Le fait d’être seule au départ. Quand vous entreprenez, tout repose sur vos épaules, les pitchs, la gestion des équipes…

Précisément, comment fidéliser aujourd’hui les talents ?

Cela doit notamment passer par le partage du capital, même si ça n’est pas si facile à mettre en place. Les entreprises doivent être également plus flexibles et rendre les salariés davantage autonomes. C’est ce que j’essaie de mettre en place : plutôt que de contrôler les horaires, ce sont les résultats qui comptent. Ça instaure un climat plus sain et une meilleure ambiance de groupe !

Un entrepreneur qui vous inspire ?

Elon Musk. Son parcours est assez hallucinant. Après Paypal, il s’est lancé dans l’aéronautique, puis il a développé un modèle de voiture 100% électrique que tout le monde aimerait posséder. Et maintenant, il présente un nouveau modèle de tuiles photovoltaïques dans le but de rendre la Planète autosuffisante en énergie. Bluffant !

Un autre projet que vous aimeriez mener à bien ?

L’école de demain qui aura une approche pluridisciplinaire. Aujourd’hui, on forme des cerveaux mais on s’est éloigné de l’humain. Je pense qu’il faut réapprendre certaines choses comme la cuisine, le corps humain ou encore notre rapport à la nature. De même, je pense que nous devrions pouvoir apprendre beaucoup plus tôt des matières que nous apprenons uniquement à l’Université.

Quels sont vos liens avec emlyon business school ?

Dès que je le peux j’embauche des anciens de l’école. J’ai beaucoup reçu de l’école, j’ai maintenant envie de rendre. J’ai également collaboré avec le campus de Shanghai, notamment sur les business des marques en Chine.

Sur votre table de chevet on peut trouver…

Mon Kindle. J’adore lire, je me relève la nuit pour assouvir cette passion car malheureusement je manque parfois de temps pour lire...

Aude Bousser: “Companies need to be more flexible, rather than clock-watching, they need to focus on results!”

Since graduating from emlyon business school in 1997, Aude Bousser has been based in Hong Kong. She began her career in the luxury industry. In 2011, she decided to take the plunge and set up her own company, LBB Asia. In 2015, she co-founded a second company: Ubudu Asia, a company that was selected, along with four others, for the Business France and BPI France accelerator programme “Impact China”.

In 2013, an article recounted your success story – how did that feel?

It’s always nice, but it isn’t like I invented Google! I am a very guarded and careful entrepreneur! After 15 years of corporate experience, I identified a gap in the market, because distributors across Greater China were disappearing just as the market had an opening for so-called “affordable luxury” brands. When you don’t know the market and you’re based in Europe, how do you get started? These luxury brands could be ‘spin-offs’ by major brands that aren’t yet present in China, so I created LBB Asia, a brand management company that launches “affordable luxury” brands in greater China.

What do you work on each day?

Over the past 5 years, we have launched several brands, including Ofee, Blanc des Vosges, Atelier Cologne and David Morris, among others. One of the problems we have encountered is the accelerated digitalisation of the Chinese market. China is five years ahead of Europe in digital technology so most of the traditional means of communication and distribution we were activating no longer worked, so we began researching and testing new methods and, encouraged by my associate Victor Bogey (EM Lyon 2013), I created a second company in 2015: Ubudu Asia.

Sum up Ubudu in a tweet.

It’s the digitalisation of physical space.

What are the results like one year in?

The first year was difficult but we stuck with it, signed a first contract, which enabled us to make a name for ourselves and gave us credibility. We were recently selected for “Impact China”, an acceleration programme that encourages French start-ups to set up in China. We are far from being complacent but strategic contacts have been signed and numerous opportunities created.

What are your feelings about entrepreneurship in France?

Things have considerably evolved these past few years. Young people now want to set up their own companies, they aren’t so afraid. That will change the future of the country.

What drove you to become an entrepreneur?

I had a vision, a clear idea of what I could do and I knew I had disruptive project.

What was the hardest aspect of this adventure?

Being alone at the start. When you become an entrepreneur, it’s all on you: making pitches, managing teams etc.

How can we encourage young talent to stay in a job these days?

By sharing the capital, even if that isn’t easy to do. Companies need to be flexible and make employees more autonomous. That is what I try to do. Rather than clock-watching, I watch for results. This instils a much healthier climate and a better team spirit.

Is there an entrepreneur that inspires you?

Elon Musk. His journey is just so impressive. After Paypal, he launched into the aeronautical industry, and then he developed a 100% electric vehicle that everyone wants to own. Now he’s presenting new photovoltaic roof tiles with the goal of making the entire planet energy sufficient. It’s just amazing.

Is there any other project you would like to lead?

I would like to see schools take a multidisciplinary approach to education. Today we format brains and remove a lot of humanity from the education process. I think we need to reincorporate certain subjects such as cuisine, the human body and our relationship with nature. Also, I think that we need to start learning what are currently considered “university subjects” earlier on.

What are your ties with emlyon business school?

As soon as I can, I am going to hire alumni. I got a lot from the school and now I want to give something back. I also collaborated with the Shanghai campus on brands and business in China.

What will we find on your nightstand?

My Kindle. I love to read. Unfortunately I lack the time, so I have to fit it in when I should be sleeping.


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