Claire Destobbeleer (Bahia Blanca) : « Etre early makers, c’est se dépasser au quotidien pour apprendre toujours plus, sortir de sa zone de confort, et se faire confiance ! »

May 04, 2017

Bahia Blanca est une marque de vêtements commercialisés en France et issus de l'artisanat Mexicain.

Peux-tu présenter Bahia Blanca ?

Notre ambition est d’intégrer les savoir-faire incroyables des artisanes que nous avons rencontrées sur place dans des pièces adaptées à la mode française. Bahia Blanca, c’est une marque qui respire l’évasion, le soleil et vient dépoussiérer l’artisanat en le remettant au cœur du prêt-à-porter.

Comment est née l'idée ?

Après un an à emlyon business school, Juliette s’envole à Mexico DF pour 6 mois de stage dans une start-up sociale. Elle profite de ses week-ends pour aller barouder avec Thibault, un ami de l’école, sac de rando sur les épaules, à la découverte de ce farwest à l'accent espagnol. Ils y découvrent les techniques artisanales de broderies, de tissages et ces éternels assemblages de couleurs vives dans les vêtements. Ils décident de ramener dans leurs valises 300 chemises Rivera et 300 blouses Frida pour les faire découvrir d’abord aux copains puis aux vacanciers des marchés d'été du Cap Ferret. Pari tenu, en 3 semaines de marché, le stock est écoulé !

Où en est Bahia Blanca aujourd’hui ?

Nous avons imaginé 5 modèles femme pour notre première collection été 2017 avec l’aide de notre modéliste Luce. Pour leur réalisation, nous sommes parties au Mexique dénicher des tissus de qualité, trouver l’atelier de confection, mais surtout rencontrer les artisanes qui allaient travailler sur les détails tissés et brodés de nos pièces. La production est lancée, nous recevons déjà les premiers modèles à Paris. Nous avons décidé il y a 3 semaines de pré-vendre quelques produits sur Ulule via une campagne de crowfunding. Ça va très vite, les 100% sont atteints et il nous reste 10 jours de campagne pour les dépasser J

Qu’est-ce qui te plaisait dans la création d’entreprise ?

Être confrontée à l’école de la vie. La création d’entreprise, c’est : se retrouver un matin dans le fin fond de la jungle de Cuetzalan avec Marcela qui nous montre comment tisser à la main nos chemises avec son Telar de Cinturon, lancer en production 500 robes dont on a imaginé le modèle quelques mois plus tôt, ne pas dormir pendant une semaine car tous nos paquets sont bloqués en « inspection en douane », passer des après-midi à peindre des aquarelles pour designer son univers graphique, parler html-css-back-end en apprenant petit à petit ce que cela signifie…

Qu’est-ce que l’esprit « early maker » pour toi et Juliette, co-fondatrice de Bahia Blanca

C’est cet esprit de challenge, d’évasion, d’insolite que l’on partage au quotidien avec tous ceux qui nous entourent. Organiser un tour de France en stop avec les copains d’école, enchaîner en 24h 40 km de vélo - 20 km de course et 3 km en canoë gonflable, démarcher des hôtels de luxe en traduisant leur site internet pour y passer la nuit gratuitement… L’esprit « early maker » pousse à se dépasser au quotidien pour apprendre toujours plus, à sortir de sa zone de confort et se faire confiance car « croire en quelque chose et ne pas le vivre, c’est malhonnête » comme nous disait un certain Gandhi ;)

Un entrepreneur qui t’inspire ?

Dominique Giusiano, un ancien d’emlyon business school et homme d’affaires qui a fait une belle carrière dans la distribution. D'une position très confortable de cadre dirigeant, il a pris le risque de tout plaquer pour racheter pour 1€ symbolique la marque Somewhere à la Redoute. Somewhere perdait de l'argent, aucun fonds ne voulait y investir… M. Giusiano fait le pari de relancer l'enseigne en lui donnant un nouvel ADN de marque, en ne misant que sur les matières naturelles, en réimaginant le concept de magasins… Un challenge de grande envergure entrepris avec passion, simplicité et bon sens.

Quelles sont les principales difficultés quand on veut lancer une startup qui se veut éthique ?

Défendre ses valeurs et l’éthique de sa marque sans se perdre dans des justifications marketing. Nous défendons à notre échelle et avec bon sens une consommation durable de la mode. Nous ne voulons pas d’intermédiaires, nous voulons connaître et faire connaître ceux qui sont à l’origine de nos vêtements, nous voulons échanger avec nos clients en toute simplicité !

D’où viennent les produits ? Comment sont fabriqués vos vêtements ?

Tous nos produits viennent du Mexique, dont nous voulons valoriser les savoir-faire locaux. Chaque broderie et tissage de nos pièces sont réalisés à la main par les artisanes de différentes ethnies selon les techniques issues de leurs traditions ancestrales. Les vêtements sont ensuite assemblés dans notre atelier de Mexico DF qui veille à la qualité des finitions.

L’avenir de l’entreprise ?

  • A J-10, finir en beauté notre campagne de pré-vente Ulule ;
  • A J-20, lancer notre nouvel e-shop ;
  • A M-2, proposer nos produits sur les marchés d’été de l’Île d’Yeu, de Belle Île, de l’Île de Ré, du Cap Ferret, de Hossegor et de Biarritz (nous recrutons d’ailleurs des étudiantes pour cet été dans ces lieux de vacance) ;
  • Et à A-1, peut-être voir notre atelier-boutique s’installer entre Paris, Lyon ou Bordeaux ;)

Claire Destibbeleer (Bahia Blanca): “Being an early maker means stretching your limits, moving outside of your comfort zone and trusting yourself!”

Tell us about Bahia Blanca

Is a new ethical fashion brand inspired by Mexican crafts. Our ambition is to combine the incredible craftsmanship of the artisans we met in Mexico with French fashion. Bahia Blanca is a brand that conveys escape, sunshine and makes craftsmanship cool again by centring off-the-rack clothing on this style.

Where did the idea come from?

After a year at emlyon business school, Juliette flew to Mexico City for a 6-month internship in a social start-up. She took advantage of her weekends to wander about with Thibault, a school friend. With a rucksack on her back, she set about discovering this far west with Spanish undertones. They observed the craft techniques of embroidery, weaving and the endless combinations of vibrantly coloured clothing. They decided to bring 300 Rivera shirts and 300 Frida blouses back in their suitcases, to show friends and holiday makers at the summer markets of Cap Ferret. They won their bet and within 3 weeks, their stock had sold out!

Where is Bahia Blanca up to today?

We have designed 5 women’s models for our summer 2017 collection, with the help of our model Luce. To create these models, we went back to Mexico to find quality fabrics, and a workshop, but above all to meet the artisans who were going to work on the woven and embroidered details of our models. The project is gradually taking shape, the collection is starting to arrive. We decided 3 weeks ago to pre-sell some discounted products on Ulule via a crowdfunding campaign. We have already attained 100% and we still have a few weeks of campaigning to go!

What do you like about setting up a company?

The University of Life! Finding ourselves in the depths of the Cuetzalan jungle with Marcela, who showed us how to use the Telar of Cinturon to weave the neck of our shirts. Launching a workshop to produce 500 dresses, the model for which we had designed a few months earlier. Not sleeping for a week because all our packages are blocked by a "customs inspection". Spending afternoons painting watercolours to design the graphic identity of our new e-shop. Attracting 180 early birds in 3 weeks of pre-sales etc.

What is the spirit of an “early maker” for you and Juliette, co-founder of Bahia Blanca?

It is this spirit of challenge, escape, and the unusual that we share on a daily basis. Organising a hitchhiking tour of France with schoolmates; cycling 40 km – racing 20 km – swimming 1 km and rowing 3 km in an inflatable canoe in 24h. Getting a free night in a hotel by asking to translate their website etc. Being an early maker means stretching your limits, moving outside of your comfort zone and trusting yourself because "to believe in something and not to live it, is dishonest "as Gandhi said.

Is there an entrepreneur that inspires you?

Dominique Giusiano, an alumnus of emlyon business school and a businessman who has had a successful career in distribution. From the very comfortable position of Executive, he took the risk of leaving it to buy the brand ‘Somewhere’ in La Redoute for the symbolic price of €1. ‘Somewhere’ was losing money, no funds wanted to invest in it ... Giusiano re-launched the brand by giving it a new DNA, using only natural material and redesigning the store’s concept; a major challenge undertaken with passion, simplicity and common sense.

What are the main difficulties you encounter when you set up an ethical company?

Defending one’s values and brand ethics without falling into the trap of over-justifying them through superficial marketing. We defend a sustainable consumption of fashion at our level. We do not want to go through 15 different middle-men, we want to know and make known the people behind our clothing.

Where do your products come from? How are they made?

All our products come from Mexico, because we value the local know-how. Every single embroidery and woven piece is handmade by craftspeople from different ethnic groups, according to the techniques of their ancestral traditions. The garments are then assembled in our Mexico workshop which ensures the quality of the finishes.

What does the future look like for the company?

  • In the next 12 days, finish off our pre-sale campaign on Ulule (en.ulule.com/bahia-blanca/ if you’re curious).
  • In the next 20 days, launch our new e-shop (www.bahiablanca.co)
  • Over the next 2 months, sell our products at the summer markets of Île d'Yeu, Belle Île, Île de Ré, Cap Ferret, Hossegor and Biarritz (we are currently recruiting students for these summer positions).
  • Over the next year, hopefully set up our workshop-boutique in Paris, Lyon or Bordeaux.

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