La pleine conscience : utopie ou révolution managériale ?

May 29, 2017

English version below

Des études ont montré à travers les neurosciences que notre cerveau passe 47% du temps à errer entre les évènements passés que l’on ressasse et les évènements à venir que l’on appréhende. Ce vagabondage cérébral serait l’un des premiers facteurs de stress. Un stress contre-productif, destructeur de valeur et accentuant les Burnout et crises existentielles parfois vécus en entreprise. Lutter contre cette souffrance au travail apparaît alors comme une exigence morale, une nécessité économique et un engagement social. D’où l’émergence d’alternative managériale à cet égard, tel que le concept de pleine conscience, ou mindfulness chez nos amis anglo-saxons.


Technique de méditation, philosophie ou véritable mode de vie, la pleine conscience, usage ancestral issu du Bouddhisme, trouve aujourd’hui un regain de notoriété qu’il convient de comprendre et d’analyser. Elle a pour objectif de recentrer les mouvements de l’esprit sur l’instant présent tout en acceptant de ne pas juger les expériences vécues. Alors simple effet de mode ou authentique disruption dans les méthodes managériales ? C’est ce qu’il faut tenter de décrypter.

Véritable « stress-killer », cette activité utilise certes la technique de méditation mais induit également un état d’esprit à adopter. L’acceptation du réel, la patience, le laisser-aller et la tolérance vis-à-vis de soi et des autres sont des prérequis indispensables. L’exercice quant à lui, consiste à se concentrer sur le souffle afin de ne pas sauter d’une pensée à l’autre. L’abstraction cognitive opérée par la pratique autorise alors la libération d’espaces de calme entre les émotions accumulées. Ce qui réduit notre taux en cortisol, améliore considérablement notre quotient émotionnel et par extension nos relations interpersonnelles.

Bien que supportée par pléthore de techniques, programmes et applications mobiles, l’utilisation de la pleine conscience en entreprise reste néanmoins controversée. Ceci n’est pas la panacée, nous rappelle à juste titre, le Dr. Adam Grant. La mercantilisation du bonheur à destination d‘impératif stratégique pose un paradoxe essentiel et certains détracteurs condamnent une forme de colonisation et d’instrumentalisation du concept, perdant ainsi intrinsèquement ses valeurs éthiques et morales. Il convient alors de comprendre que son évaluation, ses conséquences en matière d’introspection et son déploiement organisationnel ne sont pas anodins et sans incertitudes.

Mais bien que contestée, la pleine conscience apparaît comme une pratique aux vertus émancipatrices faisant sens dans un monde parfois en quête d’inspiration et de transcendance. Même si les « consultants » du bonheur sont certes d’habiles créateurs de solutions, restons vigilant à l’effet de mode.

À méditer.

Le blog du Maker,
emlyon business school forever


Pour aller plus loin…

- Grant, A. Professeur de Management et de Psychologie. Wharton school, Pensylvanie. Can we end the meditation madness? New York Times, Octobre 2015 : https://www.nytimes.com/2015/10/10/opinion/can-we-...

- Mingyur Rinpoche. Meditate Everywhere Anytime by a Tibetan Buddhist Master Mingyur Rinpoche | Breath:

- Purser Ron (2013), Professeur de Managament. Université de San Fransisco. Beyond Mcmindulness. Huffpost. http://www.huffingtonpost.com/ron-purser/beyond-mc...

- Shapiro, S. The Power of Mindfulness: What You Practice Grows Stronger | TEDxWashingtonSquare :

- Chaire Mindfulness, Bien-être au travail et Paix économique. Grenoble Ecole de Management. http://www.mindfulness-at-work.fr/fr/


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Mindfulness: Utopia or managerial disruption ?


Studies have shown through neuroscience that our brain spends 47% of the time wandering between past events that we re-examine and upcoming events that we apprehend. This cerebral wandering would be one of the first factors of stress. This stress is considered as counterproductive, destroying values and developing Burn-outs and existential crises, sometimes endured in a work environment. Fighting this suffering at work then appears as a moral requirement, an economic necessity and a social commitment. Hence the emergence of managerial alternatives therein, such as the concept of mindfulness.



A technique of meditation, a philosophy or a complete way of life, mindfulness, an ancestral practice coming from Buddhism, benefits from a renewed notoriety which we should try to understand and to analyze. It aims at refocusing the movements of our mind on the present moment, while accepting not to judge our past experiences. So, is just the latest trend or an authentic disruption in management practices? This is what we must try to perceive.

Real "stress-killer", this activity uses the technique of meditation but also induces the adoption of a special state of mind. Accepting reality, being patient, letting go and being tolerant towards oneself and others are essential prerequisites. The exercise, on the other hand, consists in concentrating on your breathing to avoid skipping from one thought to another. The cognitive abstraction operated by this practice enables the release of peaceful moments between accumulated emotions. This reduces our cortisol level, dramatically improves our emotional quotient and by extension, our interpersonal relationships.

Despite the fact that mindfulness is endorsed by a plethora of techniques, programs and apps, its use in a work environment remains disputed. This is not the panacea reminds us rightly Dr. Adam Grant. The commodification of happiness for strategic purposes involves an essential paradox and some detractors condemn a form of concept’s colonization, which results inherently, in a loss of ethical and moral values. Therefore, the evaluation, the consequences in terms of introspection and the organizational deployment of mindfulness are not yet certain and cannot be ignored.

Although contested, mindfulness appears as a practice with emancipating virtues, meaningful in a world seeking inspiration and transcendence. Even if the happiness "consultants" are certainly skillful creators of solutions, be aware of trends.

To meditate.

The Maker’s blog,
emlyon business school forever


For more information…

- Chaire Mindfulness, Bien-être au travail et Paix économique. Grenoble Ecole de Management. http://www.mindfulness-at-work.fr/fr/

- Grant, A. Professeur de Management et de Psychologie. Wharton school, Pensylvanie. Can we end the meditation madness? New York Times, Octobre 2015 : https://www.nytimes.com/2015/10/10/opinion/can-we-...

- Mingyur Rinpoche. Meditate Everywhere Anytime by a Tibetan Buddhist Master Mingyur Rinpoche | Breath:



- Purser Ron (2013), Professeur de Managament. Université de San Fransisco. Beyond Mcmindulness. Huffpost. http://www.huffingtonpost.com/ron-purser/beyond-mc...

- Shapiro, S. The Power of Mindfulness: What You Practice Grows Stronger | TEDxWashingtonSquare :




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