Olivia Camplez (Boutique Dominique) : « Trop de gens s’ennuient dans leur travail, il faut pouvoir sortir des sentiers battus et trouver une activité qui nous plaît ! »

Oct 23, 2018

Alors qu’elle travaillait dans le e-commerce et gérait 150 personnes à seulement 28 ans, Olivia Camplez (Programme Grance Ecole 2006) décide de tout plaquer pour changer d’air et de vie… Exilée à Sao Paulo depuis 2012, elle a aujourd’hui lancé Dominique, le concept-store de produits de beauté « le plus en vogue de la mégapole », selon Madame Figaro.

Pourquoi Dominique ?

J’ai choisi le nom de Dominique en hommage à ma mère, décédée quand j’avais 29 ans. C’est à ce moment-là que j’ai eu besoin de quitter Paris et de changer d’air. Je connaissais déjà le Brésil et il m’est apparu évident de m’y installer. J’ai travaillé un an dans une société de e-commerce mais j’avais déjà fait le tour des grands groupes, il fallait que je lance mon propre projet, une entreprise qui ait du sens. J’ai donc lancé Dominique, une boutique regroupant des produits de beauté de niche que l’on trouve très peu au Brésil. Des soins bio et éthiques principalement.

Etre française, c’est un atout quand on se lance dans un tel projet ?

Historiquement, la France véhicule effectivement une image glamour. C’est donc un atout mais il ne faut pas arriver pour autant en conquérant. D’autant que c’est un pays où les barrières sont nombreuses ! Il faut rester humbles et ne pas véhiculer l’image hautaine du Français qui connaît tout.

Quel regard portes-tu aujourd’hui sur la France ?

J’adore passer du temps à Paris. C’est une ville à laquelle je suis très attachée. Mais le Brésil est un pays très solaire, qui dégage beaucoup d’énergie. Depuis que j’y vis, mon système de valeurs a profondément évolué. Le rapport au travail y est également très différent. En France, c’est la culture du présentéisme, on fonctionne avec de vieux schémas de pensée. Cela tue la créativité. Je pense au contraire qu’il faut savoir prendre du temps pour soi et ne surtout pas culpabiliser.

Entreprendre, cela faisait partie de ton plan de carrière ?

Je n’ai jamais vraiment eu de plan de carrière. En revanche, après 15 ans dans le e-commerce, il m’est apparu que j’avais besoin d’un modèle totalement opposé à celui des start-ups. Je voulais construire un commerce « à l’ancienne », de proximité, au contact des gens. Les conseils que je délivre aux clientes sont extrêmement personnalisés, je prends le temps de leur parler et je ne cherche pas à leur refourguer n’importe quel produit de beauté. Au contraire, chaque personne, chaque peau est unique, il faut prendre cela en considération. Et faire en sorte que les clientes passent un bon moment quand elles poussent la porte de Dominique.

Early makers, ça t’évoques quoi ?

Je pense que les gens doivent apprendre à faire des choses par eux-mêmes. Aujourd’hui, il me semble plus utile d’étudier l’agriculture que la finance par exemple ! Cela aura bientôt davantage d’importance dans notre monde... Et trop de gens s’ennuient dans leur travail. Il faut pouvoir sortir des sentiers battus, trouver une activité qui nous plaît et ne plus avoir à se dire, « le matin, je me rends au travail et le soir je m’éclate ». Un early maker sait s’épanouir dans son projet. Et cela ne veut pas dire avoir forcément plein d’argent. Je gagne actuellement bien moins ma vie qu’en étant salariée et pourtant je suis plus heureuse. Plutôt que de consommer le week-end, je vais à la plage, je surfe. Il y a d’autres modèles à suivre…

Des projets pour Dominique ?

Oui, je pense ouvrir une deuxième boutique à Sao Paulo, peut-être un corner éphémère. Je ne me mets pas la pression, je compte avancer à mon rythme, au feeling.

Une personnalité qui t’inspire ?

Elon Musk. Même si le personnage m’est peu sympathique, sa folie m’impressionne.

En ce moment tu lis…

Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Froer. La réponse est dans la question ;)

Et tu écoutes quelle musique ?

C’est très varié : j’aime beaucoup Ibrahim Maalouf, Eddy de Pretto, sans oublier le son du Brésil. Exceptés les standards, c’’est une musique finalement peu connue en France.

www.dominiquebeaute.com.br


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