L’Interview « écologie » d’Olivier Cateura: « Dans le futur, nous ne vivrons pas comme nous vivons aujourd’hui »

May 02, 2019

Formé à Sciences Po Aix puis à emlyon business school, Olivier Cateura (Programme Grande Ecole - Msc in Management 2000) est revenu dans l’école de management en tant que professeur en stratégie, innovation et entrepreneurship.

Expert du secteur de l’énergie, il s’intéresse plus particulièrement aux « cleantech » et à la transition environnementale. Il a été chargé de mission au sein de « Tenerrdis Energy Cluster », le pôle de compétitivité de la transition énergétique en région Auvergne-Rhône-Alpes. Le rôle de ce dernier : favoriser la croissance d’activité durable et la création d’emplois pérennes dans les filières des nouvelles technologies de l’énergie. Pour Olivier Cateura, l’enjeu est en effet, aujourd’hui, de trouver des outils pour piloter le changement. Une mission qu’il partage avec ses étudiants à emlyon.

Quel est l’état de la planète ?

Le contexte est relativement bien connu : plus qu’un phénomène de réchauffement climatique, la Terre subit une dérégulation du climat qui menace la biodiversité. Notre façon de consommer – ce n’est pas pour rien que l’on parle du ‘jour du dépassement’ – ne lui laisse plus le temps de se régénérer. Face à ce constat, on évoque de plus en plus la collapsologie, soit l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder. En tout cas, une chose est sûre : pour réussir la transition écologique, dans le futur nous ne pourrons plus vivre comme nous vivons aujourd’hui.

Que faudra-t-il changer ?

Il y a trois enjeux à mettre en œuvre pour réussir la transition écologique : la décarbonisation, la décentralisation et la digitalisation. Pour la décarbonisation, il s’agit de rapidement développer les énergies renouvelables (solaire, éolien). La décentralisation implique que nous revoyions notre rapport à l’énergie. Celle-ci a été développée à travers de gros réseaux. A l’avenir, les modes de production décentralisés, comme le solaire, assureront une énergie renouvelable et locale. Quant à la digitalisation, elle passe par le développement de nouvelles technologies connectées. C’est le pilotage, à distance, du chauffage ou de l’éclairage. Bref, tous les moyens possibles pour rendre les intérieurs plus économes en énergie.

Pour poursuivre sur ces trois « D », qu’en est-il de la diminution de notre consommation ?

La transition énergétique va impliquer des changements en profondeur. D’un point de vue économique, il faudra certainement développer d’autres indicateurs que le seul Produit intérieur brut (PIB) pour mesurer la richesse d’un pays par exemple. Pratiquer une activité sportive, évoluer dans un pays libre, avoir des liens sociaux riches devront être pris en compte et pas uniquement la richesse produite. Mais pour réussir la transition énergétique, elle ne doit pas paraître s’attaquer aux plus faibles, c’est-à-dire actuellement aux plus pauvres.

Se dirige-t-on vers une « dictature verte » ?

Je ne sais pas mais il faudra mobiliser toute l’intelligence disponible pour éviter d’imposer par la force et la contrainte la transition énergétique. Ce qui est certain, c’est que la cause environnementale est de plus en plus audible. Il suffit de voir les manifestations menées en faveur du climat ou encore la médiatisation de Greta Thunberg, cette jeune militante suédoise…

 


Other news

Cookies help us deliver our services. By using our services, you agree to our use of cookies.