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  • L’interview « carrière audio » de Jérémie Weber, PDG de Digigram

    May 20, 2019

    Jérémie Weber (Executive MBA 2015) a pris en 2017 la tête de Digigram, société grenobloise opérant dans le milieu de l’audio professionnel.  Passionné par le son et la musique, il se livre en interview.

    Pourquoi avoir accepté de devenir le PDG de Digigram en 2017 après y avoir été ingénieur et Business Angel investi ?

    Je n'ai pas vraiment eu à accepter..., je me suis battu pour le devenir !  J'ai une attache sentimentale avec cette entreprise qui m'a offert mon premier job. J'y ai démarré ma carrière comme stagiaire, puis comme jeune ingénieur. 15 ans plus tard, après mon MBA à l'EM, je voulais trouver une entreprise à reprendre. Celle-ci étant dans mon domaine d'activité de prédilection, ayant gardé le contact et avec l'attachement qui était le mien, c'était donc une cible évidente. Le projet de Rachat a été intense mais s'est débouclé en 8 mois, ce qui est très rapide pour ce genre d'opération.

    En tant que Business Angel, quels sont les projets qui attirent ton attention en général ?

    Ce ne sont pas les projets qui font les entreprises, ce sont les hommes et les femmes qui les composent. En ce sens, il n'y a pas de projet en particulier qui attirent mon attention mais plutôt des équipes qui sortent du lot. Un projet, ça n'est qu'une esquisse de quelque chose qui n'arrivera probablement jamais comme on l'a dessiné. Je cherche donc la capacité de résilience de l'équipe : des individus qui ont une forme d'humilité pour remettre en question leurs choix et capables de reconstruire une autre trajectoire au cœur de la tempête.

    Si tu pouvais révolutionner l’industrie audio, qu’aimerais-tu pouvoir faire ?

    Il y a 15 ans, j'ai breveté avec quelques collègues une technologie de transport audio sur des câbles réseau, comme pour les ordinateurs. J'étais convaincu par ce modèle mais les réticences du marché, fabricants comme utilisateurs, ont été fortes. Le jour ou un fabricant a sorti une machine avec pour seule interface une prise avec cette technologie, j'ai eu le sentiment d'avoir un peu changé le cours des choses. Je travaille pour l'industrie des radios à l’heure actuelle. Je pense que chacun peut comprendre, à travers ses propres comportements, que cette industrie est en train de changer. L'apparition du smartphone, du podcast et plus récemment des smartspeaker en sont les emblèmes.

     Préférerais-tu travailler modestement dans le milieu de l’industrie musicale ou être riche dans une autre industrie ?

    J'adore la citation de Confucius : "Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie." J'ai eu la volonté, très jeune, de faire de ma passion, l'audio, un métier. Et j'ai eu la "chance" d'y arriver. Mais la vérité est en fait un peu ailleurs : je suis particulièrement moins bon si je ne suis pas passionné par ce que je fais ;)

    Quelle « fausse note » un candidat qui se présente à toi pour une embauche ne doit absolument pas commettre ?  

    Ne pas être cash ! Essayer de jouer "le jeu du candidat parfait". J'axe tous mes recrutements sur le savoir être, l'envie, l'attitude. Je ne suis pas convaincu par les théories du moment sur les générations X, Y et Z, car je pense que c'est l'ensemble du rapport au travail qui a ou est en train de changer. Je cherche donc des candidats qui vont avoir la capacité à s'engager dans le projet, jouer le collectif et garder une curiosité qui leur permettra de penser "out of the box".

    Tu peux investir dans n’importe quel projet musical ou audio à travers le monde. Quel serait-il et pourquoi ?

    Aujourd'hui je parie sur l'explosion de la création des contenus. Le podcast sera demain à la radio ce que netflix est à la télévision. Pour autant, le média audio reprend du terrain car il est facile à consommer, partout, tout le temps, quoi que l’on fasse.

    Nous sommes aussi arrivés à un moment de l'histoire des réseaux sociaux et de l'info où chacun se sent la capacité et la légitimité de s'exprimer. J'investirai donc sur une plateforme de création et de diffusion de contenus audio.

     Quelle est la différence entre le bon et le mauvais PDG ? 

    Un bon PDG, c'est quelqu'un qui a une stratégie et qui la suit.... un mauvais PDG, c'est quelqu'un qui a une stratégie...... et qui la suit ! (référence à un sketch bien connu). Plus sérieusement, un bon PDG est un dirigeant qui tient compte de ces nouveaux équilibres et aménage deux espaces :

    • Le premier espace est celui de la direction à suivre. Aujourd'hui, un dirigeant doit être avant tout un leader sachant construire une stratégie et rester agile. C'est la capacité, d'une part, à fixer le cap à l'horizon pour emmener les équipes et, d'autre part, à être un bon tacticien au quotidien pour atteindre ce but. Je pense que ce qui fait la différence c'est de trouver un équilibre hyper fragile entre une remise en question permanente pour affronter des situations sans cesse mouvantes et une conviction profonde qui est nécessaire pour tenir le cap et conduire les collaborateurs.
    • L'autre espace est celui des Hommes. Je suis sincèrement convaincu par l'idée qu'on ne fait rien de grand tout seul. L'entreprise est en soi une petite communauté et on doit l’appréhender de la sorte. C’est un "vivre ensemble" qu'il faut précieusement protéger si on veut pouvoir atteindre collectivement la réussite.

    Si tu étais un instrument au sein d’un orchestre, lequel et pourquoi ?

    Le Thérémine : le premier instrument électronique.... dans un orchestre classique. Il a changé beaucoup de choses.... mais sans vraiment trouver sa place dans son marché d'origine, trop disruptif pour ça ! Et puis il a été repris par Bob Moog et a donné les synthétiseurs qu'on connait aujourd'hui, ... on sait tous le virage que ça a été. (on écouterait pas un Pink Floyd pour finir ?) Un innovation de rupture : incomprise au démarrage, mais révolutionnaire avec du recul !


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