Robert Revat : « Nous avons des diplômés dans le monde entier qui font rayonner l’école et la Métropole. »

May 19, 2020

Professeur de marketing à emlyon business school depuis 1987, Robert Revat, également diplômé de l’école, est devenu en octobre 2019 président d’Only Lyon Tourisme et Congrès, l'Office de Tourisme de la Métropole de Lyon. En parallèle consultant pour la société Nova7 qu’il a fondée, Robert Revat explique les passerelles qu’il crée entre ses cours et ses activités extérieures.

Comment êtes-vous devenu professeur à emlyon business school ?

J’avais pris goût au marketing à l’école grâce à des professeurs comme Guy Benoist et Jean-Paul Flipo, et par mon engagement dans la Junior Entreprise. C’est pour ça que je suis entré dans le Groupe Seb, aux études de marché tout d’abord, puis en développement produits ensuite. Au bout de 7 ans, j’ai commencé à ronronner et comme j’avais en tête de monter ma propre structure de conseil en marketing, je suis allé en parler à mes anciens professeurs. Ils m’ont informé que l’école cherchait un professeur de marketing. J’ai pris le job. Depuis, j’ai toujours assuré une double carrière d’enseignant à l’école et de consultant chez Nova 7, et c’est passionnant.

Quel lien faites-vous entre ces deux activités ?

Elles se complètent et s’enrichissent mutuellement. Enseigner, ça pousse à clarifier son discours, à être « carré » dans ses raisonnements, d’autant que les étudiants sont très exigeants, surtout dans les sciences « molles » comme le marketing. Je suis adepte d’un marketing rigoureux. Je le pratique chez mes clients et mes élèves bénéficient en retour de cette expérience et de cas concrets. C’est complètement dans l’esprit « early maker » de l’école.

Un exemple de cette synergie ?

Dans mon cours New Product Development, mes élèves étudient les usages des consommateurs pour créer un nouveau produit qu’ils prototypent au Makers Lab. Puis ils le défendent devant un jury de professionnels, comme quand ils seront en entreprise.

Vous endossez une nouvelle fonction depuis fin 2019, celle de président d’Only Lyon Tourisme et Congrès…

J’adore ma ville, j’y suis né et j’y ai toujours vécu. Quand les administrateurs d’Only Lyon Tourisme et Congrès ont voulu nommer une personne issue de la société civile et non pas un élu, ils ont jeté leur dévolu sur un pro du marketing.

Quelle est votre programme ?

Le tourisme à Lyon a connu plusieurs phases de développement. C’est l’inscription au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO qui a créé Lyon en tant que destination à part entière. La deuxième phase a été celle de la consolidation avec l’essor des tourismes d’affaire et d’agrément. Mon mandat se situe à un tournant : développer l’attractivité, mais de manière soutenable. Il faut éviter les problèmes auxquels sont confrontées des villes comme Amsterdam ou Barcelone, avec des centres villes vidés de leur population au profit de touristes de passage. Ma volonté est de développer un tourisme de proximité, un « slow tourisme », de faire de Lyon une ville de séjour à partir de laquelle on rayonne, et surtout pas de faire venir des hordes de touristes qui ne passent qu’une journée dans la ville, comme à Venise. Bref, développer un tourisme qui profite à la population locale. Il y a du potentiel : le tourisme, c’est 1,5 % du PIB de la Métropole, contre 7,5 % au niveau national.

Vous avez des exemples concrets d’actions que vous mettrez en place ?

Nous sommes la première ville à unifier les bases de données de tous les opérateurs pour proposer aux touristes la meilleure expérience avant, pendant et après leur séjour. C’est un vrai défi marketing, technique et éthique. En termes de nouveaux événements, on peut se demander pourquoi Lyon est l’une des seules grandes villes du monde où les gens ne se réunissent pas dans la rue pour célébrer le passage à la nouvelle année. Ou encore ce que nous pourrions scénariser sur une ville deux fois lumière (fête des Lumières et ville de naissance des frères Lumière, inventeurs du cinéma). Les projets ne manquent pas…

En tant que lyonnais et ancien élève à emlyon, quel parallèle faites-vous entre les deux ?

La ville et l’école ont bien grandi en 40 ans. Elles ont gagné en notoriété et se sont internationalisées. Nous avons des diplômés dans le monde entier qui font rayonner l’école et la Métropole.

Où voyez-vous Lyon dans quelques années ?

Lyon aura réussi sa transition écologique et sera une ville verte, agréable à vivre pour ses habitants et les touristes. Nous avons reçu le prix du « smart tourisme », mais il faut aller encore plus loin, par exemple en aidant les hôtels à être labellisés développement durable. Sans oublier de donner envie aux touristes de revenir, mais toujours dans une optique durable.

Et emlyon business school ?

En termes de positionnement, le modèle de la « grande école » est un modèle unique, qui doit se distinguer à la fois de l’université par l’esprit entrepreneurial et l’innovation, et des établissements privés par l’excellence de son recrutement, de sa recherche et de ses enseignements. Une école comme la nôtre doit permettre à ses diplômés de façonner le monde de demain, d’être responsables vis-à-vis des enjeux de la transition écologique. Les diplômés de la promo 2020 auront encore plus de défis à relever que ceux de la promo 1980 !

* Cette interview a été réalisée avant le début du confinement lié à la crise du Covid-19.


Other news