Victor Bouin (Exoflow) : « Le business plan c’est qu’il n’y a pas de business plan ! Il faut tester, et voir si ça marche… »

Penser le changement dans un monde qui change. C’est la vocation d’Exoflow, une société prônant la méthode du design thinking pour faire émerger, par l’essai, l’innovation au cœur des entreprises. Son crédo ? « Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Echoue encore. Echoue mieux », selon les mots de Samuel Beckett. Rencontre avec le cofondateur d’Exoflow, Victor Bouin (Programme Grande Ecole, Parcours I.D.E.A. 2018).

Présente-nous Exoflow…

Exoflow est une société spécialisée en créativité et en innovation. Le but est d’aider les entreprises à développer une culture de l’innovation. On s’appuie sur cela sur le design thinking, un ensemble de méthodes et d’outils pour appréhender l’innovation sous l’angle de l’expérimentation et du design. Le but est d’apprendre en faisant. On a une idée de départ, on l’affine en s’appuyant sur les retours des utilisateurs, on change en cours de route si besoin, on s’adapte aux usages.

T’as un exemple ?

Un client envoie un brief de départ : réinventer la voiture de demain. Il y a une première phase de discussions. On en conclut que la voiture ne sera plus un simple moyen de locomotion mais un lieu de vie et, en parallèle, qu’il faudra augmenter l’expérience de la conduite. On réalise un patchwork de ces deux idées pour sécuriser davantage la voiture tout en apportant plus de plaisir. Résultat, alors qu’aujourd’hui le conducteur reçoit des avertissements sonores, on a réfléchi à un système de vibrations. Cela entraîne une réaction réflexe plus sûre, cette évolution permet d’augmenter la perception de la route et la sécurité de tous les utilisateurs de la route (piétons, automobilistes et cyclistes). On a aussi pensé à un système permettant de stimuler le drift . La voiture indiquera aux conducteurs que les conditions sont réunies pour déraper dans le virage. Les roues vont naturellement se positionner et le conducteur recevra des secousses comme sur une manette de jeux vidéo.

Comment est née Exoflow ?

A travers l’association Smart UP, on a lancé des hackatons, notamment celui de emlyon business school : le Hack Business School. Plus tard, on a lancé le cycle de conférences TedXemlyon. A partir de la 2ème année de mandat nous avions une cinquantaine d’événements par an. Cela nous a permis de rencontrer énormément d’entrepreneurs, de chefs d’entreprise... L’idée d’Exoflow était née. Aujourd’hui, on forme des salariés d’entreprise à l’innovation de rupture et on gère le processus d’implantation du Crealab de Groupama Rhône-Alpes, un espace de mobile de créativité visant à favoriser l’innovation.  

Ta scolarité à emlyon business school a été importante dans ton parcours ?

Les conseils et outils reçus dans le Parcours I.D.E.A. m’ont énormément apporté. Cela m’a même déformé, je vois tout en mode « disruption » avec le regard du designer désormais :) On nous apprend à rebondir de ses échecs, à saisir les opportunités qui se présentent. Le Fab Lab a aussi été très important pour nous lancer.

Early makers ça veut dire quoi pour toi ?

Cela tient en trois mots : inspirer, essayer, (parfois) réussir

Un entrepreneur qui t’inspire ?

C’est peut-être cliché mais Elon Musk est quand même très fort. On lui dit c’est impossible, il s’en moque et va au bout de ses idées. Il poursuit malgré les échecs. Et il a toujours un coup d’avance. La Terre court à sa perte ? Il réfléchit à la colonisation de Mars !

Une citation ?

Je dirais : Le business plan c’est qu’il n’y a pas de business plan ! Il faut tester, voire si ça marche. On ne peut jamais être certain de rien.

 

Autres communications