Béatrice Moulin : « emlyon business school incite à s’investir dans des projets qui font vibrer »

Alors que de plus en plus de salariés se désintéressent de leur job, Béatrice Moulin (Programme Grande Ecole, 2009) a cofondé Switch Collective, un cabinet de conseils pour aider à (re)trouver du sens à son parcours professionnel. Alors, prêt à « switcher » ?  

Comment est né Switch Collective ?

91 % des salariés se disent désengagés professionnellement. Il y a une envie de remodeler le travail pour l’adapter à son rythme de vie plutôt que l’inverse. C’est cette aspiration au changement qui a lancé Switch Collective. On voulait apprendre aux gens à « switcher », à trouver le parcours qui leur corresponde.

Comment expliques-tu cette « quête de sens » professionnelle actuelle ?

monde du travail s’est très brutalement transformé avec le digital. Selon différentes études, 50 % des métiers d’aujourd’hui vont disparaître. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura plus d’emplois mais qu’il faudra davantage s’adapter, se former. Nos parents étaient habitués au plein emploi. Moi j’ai démarré la vie active en 2008, en pleine crise économique. Au chômage, on se pose davantage de questions.

Et avec les outils numériques, de nouveaux modes de travail ont émergé. Par exemple, les « nomades » qui travaillent une semaine à Lisbonne, une autre à Rome. Forcément, il y a une aspiration à plus de liberté.

Comment apprend-on à « switcher » ?

Nous avons développé une méthode sur 6 semaines. Les personnes inscrites reçoivent tous les jours des exercices et des contenus pour les aider à se poser les bonnes questions, à faire leur bilan. Ils rencontrent et échangent avec d’autres  profils qui se posent les mêmes questions qu’eux et on les aide à trouver des réponses et à passer à l’action via des ateliers. Le « switch » ne conduit pas nécessairement à une reconversion professionnelle. L’idée c’est de comprendre pourquoi son job ne convient plus et ce qu’il est possible de faire pour changer cela. Parfois, ce sont de simples ajustements, sans changer d’entreprise.

Que retiens-tu de ta scolarité à emlyon business school ?

Le bouillonnement d’idées. L’écosystème incite naturellement les étudiants à « faire », à s’investir dans des projets qui les font vibrer. A travers l’incubateur et le Fab Lab, l’école offre les moyens de se réaliser. C’est son esprit « early maker ».

Une citation qui t’inspire ?

“There can’t be any large scale revolution until there is a personal revolution”. C’est une citation de Jim Morisson. Elle résume bien l’esprit de Switch Collective : les grandes révolutions passent par des changements individuels.

Une passion ?

La marche à pieds. De manière général, j’adore les activités qui permettent de se concentrer, de réfléchir sereinement. C’est une quête de sens. Tous les ans je pars marcher une quinzaine de jours. Et j’ai pour projet un trek au Pérou.

Une personnalité audacieuse ?

Une grande aventurière : Alexandra David-Néel. Elle est, entre autres exploits, la première femme à avoir séjourné à Lhassa au Tibet, en 1924. C’est habillé en mendiante et en moine qu’elle a franchi la ville interdite.

Ton prochain « switch » ?

J’ai déjà switché plusieurs fois mais il y en aura encore d’autres. Déjà on réinvente de nouveaux projets avec Switch Collective. On va par exemple lancer « Switch off », une méthode pour apprendre à ralentir, à déconnecter.

Demain tu lances une nouvelle entreprise…

Ce serait certainement en lien avec les seniors. Je suis régulièrement choquée de la manière dont on les traite. Le sujet de la dépendance est un véritable défi pour notre société.

switchcollective.com

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