Diane Lenne (WAP) : « j'aime l'idée d'expérimenter quelque chose de nouveau dans son métier, dans son projet, sa vie, de l'adopter, et enfin, de se remettre à chercher ! »

1450 étudiants des Programme Grande Ecole, European Triple Degree et parcours I.D.E.A. ont effectué leur rentrée sur le campus de Lyon Ecully ce lundi 3 septembre.

Une rentrée qui s'est déroulée sur deux journées avec des groupes d’étudiants qui se sont réunis autour de leurs passions communes pour développer ensemble un cours qu’ils ont présenté aux autres équipes. Parmi tous les projets présentés, un vote en ligne a permis de distinguer les 40 cours les plus plébiscités.

Pour ce faire ils ont utilisé la plateforme d’apprentissage entre pairs "We Are Peers", développée par Diane Lenne, jeune diplômée d’emlyon business school. WAP permet d'organiser, guider la progression des sessions, d’interagir et de synthétiser collectivement les échanges en temps réel.

Découvrez l'interview de Diane Lenne, fondatrice de WAP

Diplômée du Programme Grande Ecole en 2015, Diane Lenne a créé une méthodologie d'apprentissage par les pairs pendant ses études et en a fait une start-up une fois diplômée. C’est ainsi qu’est né WAP. Mais qu’est-ce que WAP exactement ? Comment cette pédagogie a vu le jour ? La réponse en interview.

Quelle a été la genèse de Wap Diane?

Pendant mes études, je m’engage dans une startup sociale. Mon travail est de repérer les innovations positives dans le monde pour les communiquer aux quotidiens et générer de l'impact positif. Cette expérience me donne envie d'agir pour que l'éducation soit au service de la résolution des problèmes de société. J'expérimente des méthodologies comme Design for Change et Design Thinking. Pour les mêmes raisons, je m'immerge dans de véritables fabriques à projets innovants, alors nommés fab labs, makerspaces, hack space... Pour moi, leur vraie force est leur culture d'apprentissage entre pairs. C’est ainsi qu’à emlyon business school je découvre le concept d'entreprises libérées qui m'intrigue et que j'explore. Pour moi, cela implique de rendre les individus plus autonomes, capables d'apprendre par eux-mêmes,  ce qui ne peut se faire sans les pairs.

Quel soutien as-tu reçu au sein de ton école pour créer WAP ?

Je passe l'été à écrire mon cours basé sur l'apprentissage entre pairs. A la rentrée,  je le propose à la direction. Le directeur académique Thierry Picq m'a tout de suite soutenu, en disant : "allez, on essaie !". Quelques semaines après, nous avons envoyé un mail d'invitation à toute la promo pour les inviter à s'inscrire à une innovation pédagogique. C’est ainsi que tout a débuté !

Comment s’est déroulée l’étape d’« étudiant-professeur » au sein d’emlyon business school ?

Beaucoup d'émotions ! J'étais stressée à l’idée de me retrouver seule à la conférence de lancement, mais finalement, plus de 100 étudiants étaient présents. De nouveau, à mon premier cours, j'avais peur de ne pas être légitime auprès de mes pairs, mais ce n'était pas le cas. Certains étudiants m'ont dit avoir eu un déclic, que le processus leur a aidé à prendre conscience et confiance dans leurs propres ressources. En ce qui me concerne, j'ai appris énormément de mes pairs autant, peut-être davantage qu'eux ont appris de moi !

Quel rôle pour les professeurs si l’apprentissage est géré par des pairs ?

Les professeurs deviennent facilitateurs. Ils posent les règles du jeu et les valeurs  (contribution, bienveillance, sens & utilité). Ils s'assurent de créer une ambiance où les étudiants se trouveront dans un flow.  Ils embarquent et donnent envie d'apprendre par des objectifs ambitieux et enthousiasmants. Ce sont eux aussi qui guident les participants du processus d'apprentissage. Leur rôle est de poser les bonnes questions, d'accompagner dans la recherche de ressources, la structuration du contenu, la transmission auprès des pairs et l'application concrète. Ils assurent la fluidité et le dynamisme des interactions et proposent de nouvelles méthodes de transmission si besoin.

Etre une Early maker, cela signifie quoi pour toi ?

Au sens propre, j'ai passé beaucoup de soirées dans les makerspaces  pour construire mes premiers prototypes de kits de pédagogie de pairs, notamment à découper mes cartes au laser. Au sens figuré, j'aime l'idée d'être toujours en prototype soi-même, d'expérimenter quelque chose de nouveau dans son métier, son projet, sa vie, de l'adopter au quotidien, et enfin se remettre à chercher. Pour un entrepreneur, cela signifie essayer, développer une innovation de la production jusqu'au marché, puis devenir à nouveau un "early maker".

Quelle personnalité t’inspire ?

Voltaire, j'ai toujours été très inspirée par sa lutte pour la tolérance et la liberté de pensée. En étudiant mieux le personnage, on découvre que ses œuvres sont le récit de sa propre vie. J'aime sa personnalité entière, contradictoire, conquérante, énervante peut-être,  mais tout sauf ennuyeuse.  

Ton meilleur souvenir en tant qu’étudiant d’emlyon business school ?

Un de mes meilleurs souvenirs a été de participer à la compétition sportive du Raid Hannibal. Parcourir 150 km, 9000 m de dénivelé en 4 jours, à pied et en VTT. Notre équipe, s’était démenée pour réunir les fonds pour financer la participation grâce à une campagne de crowdfunding :)  Nous avons franchi toutes les épreuves dans l'entraide et le soutien mutuel, qui nous a valu le prix de la meilleure équipe.  On m'a remis le prix courage pour être allée jusqu'au bout malgré mes blessures au pied. Ce ne serait jamais arrivé sans mon équipe qui m'a soulevée sur les derniers mètres afin que je franchisse la ligne d'arrivée.

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